358 French-source entries across four business domains, including the nuance behind every definition.
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A
G1 · 1. Le bâtiment, les zones et les engins
Adressage
Le système de codification qui donne une identité unique à chaque emplacement de l'entrepôt. C'est ce qui permet de dire où se trouve une marchandise autrement qu'en pointant du doigt.
Ce que ça cache : un adressage n'est pas une convention informatique, c'est un objet physique. Il doit être lisible depuis un chariot, en hauteur, sous un éclairage médiocre, par quelqu'un qui a les mains prises. Les codes conçus au bureau échouent souvent sur ce seul critère.
Nous recommandions autrefois un adressage parlant — un code qui raconte la zone, la famille de produits, la température. Nous ne le recommandons plus. Dès que l'organisation bouge, et elle bouge, le code ment : l'emplacement « FROID-03 » se retrouve en zone sèche et plus personne n'ose le renommer parce que des étiquettes existent, des habitudes aussi. Un code neutre et bête ne ment jamais. L'information métier, elle, se porte dans le système, où elle se corrige en une manipulation.
G1 · 1. Le bâtiment, les zones et les engins
Allée
L'espace de circulation entre deux rangées de stockage. Il en existe deux natures qu'on confond : les allées de desserte, où l'on prélève et où l'on range, et les allées de service ou de circulation, qui relient les zones entre elles.
Ce que ça cache : la largeur d'allée n'est pas une décision de plan, c'est une décision d'engin. Elle se choisit en même temps que le chariot, jamais après. Un entrepôt dessiné avant que le matériel soit arrêté finit toujours en compromis : soit on perd des emplacements, soit on achète un engin plus cher que prévu.
G1 · 3. Les flux : de la réception à l'expédition
ASN — Advance Shipping Notice, avis d'expédition
Le message par lequel un expéditeur annonce à l'avance ce qu'il envoie : contenu, quantités, souvent identifiants des unités logistiques.
Ce que ça cache : un ASN transforme la réception. Sans lui, on compte. Avec lui, on vérifie. La différence de temps est considérable — mais elle suppose que le fournisseur émette le message et qu'il soit juste. Un ASN faux est pire que pas d'ASN : il installe une confiance qu'aucun contrôle ne vient plus démentir.
G1 · 3. Les flux : de la réception à l'expédition
Attendu
Ce que l'entrepôt sait devoir recevoir : la commande d'achat, le transfert entre sites, le retour annoncé.
Ce que ça cache : l'entrepôt qui ne connaît pas ses attendus subit ses réceptions. Il découvre les camions le matin, il ne peut pas lisser sa charge, et il ne peut pas déclarer un manquant — puisqu'il ne sait pas ce qu'il aurait dû recevoir. C'est souvent la première chose à mettre en place, avant tout le reste.
G2 · 1. Qui fait quoi : acteurs, rôles et engagements
Affrètement (affréteur · affrété)
Opération par laquelle un donneur d'ordre confie une opération de transport à un transporteur tiers, qui l'exécute avec ses propres moyens. Celui qui confie est l'affréteur, celui qui exécute est l'affrété.
Ce que ça cache : le sens s'inverse selon le mode. En transport routier, l'affréteur est généralement le transporteur qui sous-traite ; en maritime, l'affréteur est celui qui prend un navire ou une partie de sa capacité. Dans une même réunion, deux personnes peuvent employer le mot en pensant à deux positions opposées de la chaîne. Demandez toujours : affréteur de qui.
G2 · 1. Qui fait quoi : acteurs, rôles et engagements
Agent (correspondant · agent à destination)
Entreprise établie à l'étranger qui prend le relais d'un dossier sur place : réception, formalités locales, livraison finale, parfois encaissement.
Ce que ça cache : l'agent est le maillon sur lequel on a le moins de visibilité et le plus de dépendance. Ses frais arrivent tard, dans sa devise, avec son propre découpage de lignes — c'est l'une des causes les plus banales d'écart entre la marge annoncée et la marge réelle d'un dossier.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Amplitude
Durée écoulée entre le début et la fin du service d'un conducteur sur une journée, coupures comprises.
Ce que ça cache : l'amplitude et le temps de conduite sont deux mesures différentes et on les confond en permanence. Un conducteur peut avoir peu conduit et avoir une amplitude très longue — attentes au chargement, rendez-vous mal placés. C'est l'amplitude qui use, et c'est le temps de conduite qu'on surveille. Les limites applicables relèvent de la réglementation sociale du transport et se vérifient auprès des textes en vigueur.
G2 · 3. Prix, facturation, litiges
Avarie
Dommage matériel subi par la marchandise pendant le transport ou la manutention.
Ce que ça cache : en messagerie, une avarie est presque toujours découverte à l'arrivée alors qu'elle s'est produite à un tri intermédiaire. Sans contrôle contradictoire aux points de rupture de charge, elle est imputée au dernier maillon — celui qui livre — quel que soit le responsable réel.
G2 · 5. International, douane et conteneur
Apurement
Opération par laquelle un régime douanier est soldé : la marchandise reçoit une destination autorisée et le compte ouvert par la déclaration est clos.
Ce que ça cache : un régime non apuré ne se signale pas tout seul dans l'exploitation. Il vit dans les échéances d'un service, parfois d'une personne. Un suivi des apurements en attente, avec leur date limite et leur responsable, est l'un des rares tableaux dont l'absence se paie directement.
G3 · I. Le référentiel de fabrication : ce qu'on fabrique, et avec quoi
Article (référence · item, SKU)
L'objet géré par le système : matière, composant, produit fini, emballage, parfois prestation. Tout le reste — stock, nomenclature, coût, traçabilité — s'accroche à lui.
Ce que ça cache : la question la plus lourde d'un projet industriel n'est pas « quel logiciel » mais « qu'est-ce qui mérite un code article ». Coder une variante de couleur comme un article distinct, ou comme un attribut du même article, décide de la structure des stocks, des nomenclatures et des statistiques pour les dix années suivantes. Cette décision se prend souvent en une demi-journée, par défaut, sans que personne mesure ce qu'elle engage.
G3 · I. Le référentiel de fabrication : ce qu'on fabrique, et avec quoi
Article fantôme (phantom item)
Un niveau de nomenclature qui existe pour la structure mais jamais physiquement en stock : un sous-ensemble immédiatement consommé par l'opération suivante. Le calcul des besoins le traverse sans générer d'ordre.
Ce que ça cache : c'est un outil propre quand il est utilisé pour ce qu'il est. Il devient un problème quand on s'en sert pour masquer un encours réel : le sous-ensemble s'accumule quand même sur une palette entre deux postes, mais il n'apparaît nulle part. Le stock physique existe, le stock système ne le connaît pas.
G3 · III. Fabriquer, contrôler, tracer
Aléa (arrêt, événement de production)
Tout événement qui interrompt ou dégrade la production : panne, manque matière, absence d'opérateur, attente de contrôle, changement de programme.
Ce que ça cache : la liste des causes d'arrêt proposée à l'opérateur détermine ce qu'on saura. Une liste trop longue ne sera pas utilisée ; une liste avec une entrée « Autre » verra tout finir dedans. La règle qui fonctionne : une liste courte, revue tous les quelques mois, avec un examen systématique de ce qui s'est accumulé dans « Autre ».
G3 · III. Fabriquer, contrôler, tracer
Autocontrôle
Le contrôle réalisé par l'opérateur sur sa propre production, selon une fréquence et des critères définis, sans passage par un contrôleur dédié.
Ce que ça cache : il ne supprime pas le besoin de contrôle indépendant, il le déplace. Un autocontrôle sans supervision périodique dérive lentement : les mesures se ressemblent de plus en plus, aux mêmes heures, avec les mêmes valeurs. Un contrôleur expérimenté repère cette régularité anormale immédiatement.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
Actif (équipement)
Tout bien qu'on entretient et dont on veut connaître le coût et la disponibilité : machine, véhicule, installation technique, bâtiment, outillage. C'est l'unité à laquelle se rattachent les interventions, les pièces et les coûts.
Ce que ça cache : le niveau auquel on décide de créer un actif conditionne tout le reste. Trop haut — « la ligne d'embouteillage » — et l'historique ne dira jamais quel composant tombe en panne. Trop bas — chaque moteur, chaque vanne — et personne ne saisira à ce niveau-là. Le repère qui fonctionne : on crée un actif là où on veut pouvoir décider de réparer ou de remplacer.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
AMDEC — analyse des modes de défaillance, de leurs effets et de leur criticité (FMEA)
Une méthode d'analyse préalable : pour chaque équipement ou fonction, on liste les défaillances possibles, leurs effets, leur probabilité et leur détectabilité, et on hiérarchise les actions.
Ce que ça cache : c'est un travail collectif long, qui vaut surtout par la discussion qu'il oblige à avoir entre maintenance, production et méthodes. Une AMDEC sous-traitée intégralement à un cabinet produit un classeur que personne ne rouvre. Faite en interne sur un périmètre restreint — les équipements critiques seulement — elle change réellement le plan de maintenance.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
Arbre d'équipements (arborescence patrimoniale)
La structure hiérarchique du patrimoine : site, bâtiment ou atelier, ligne, équipement, sous-ensemble. Elle permet de rattacher une intervention au bon niveau et de consolider les coûts en remontant.
Ce que ça cache : c'est le socle de toute gestion de maintenance, et il se construit sans logiciel — avec un tableur, des plans, et deux journées passées à marcher dans l'usine avec le responsable maintenance. Les projets de GMAO qui échouent échouent presque toujours ici : on a acheté un outil en espérant qu'il produise l'inventaire, alors que c'est l'inverse.
Le détail qui trahit l'état réel d'un patrimoine : la plaque signalétique. Si la moitié des machines ont une plaque illisible, effacée ou recouverte, l'inventaire prendra plus longtemps que prévu, et la codification devra être physiquement posée sur les équipements avant toute saisie.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
Arrêt technique (grand arrêt)
Une période planifiée d'immobilisation, souvent annuelle, pendant laquelle on réalise les travaux impossibles en marche : révisions lourdes, remplacements, contrôles, modifications.
Ce que ça cache : sa préparation commence des mois avant, et son point critique est l'approvisionnement des pièces, pas la planification des tâches. Un arrêt qui déborde déborde presque toujours parce qu'une pièce commandée tard n'est pas arrivée, ou parce qu'un travail a révélé une réparation non prévue qu'aucune pièce en stock ne permet de traiter.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
Astreinte
L'organisation qui rend une compétence joignable et mobilisable hors des heures ouvrées, selon un tour défini.
Ce que ça cache : son coût réel n'est pas dans la prime, il est dans ce qui se passe pendant l'intervention de nuit : pas de magasin ouvert, pas de responsable pour arbitrer, pas de compte rendu saisi. L'intervention est faite, souvent bien, et elle n'existe dans aucun historique. Sur certaines installations, la moitié du correctif se produit hors des heures ouvrées et échappe entièrement à la mesure.
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
Découpage des produits et des charges selon des axes choisis par l'entreprise — activité, site, canal, client, affaire — indépendamment du plan comptable général. Ce n'est pas une obligation légale, c'est un outil de décision.
Ce que ça cache : l'analytique ne se rattrape pas après coup. Si l'axe n'est pas saisi au moment où la pièce est créée, aucune retraitement ultérieur ne le reconstituera honnêtement — on l'imputera par clé de répartition, c'est-à-dire par convention. Choisir peu d'axes et les tenir vaut mieux qu'en déclarer six et n'en renseigner qu'un.
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
Avoir (note de crédit)
Document qui annule ou réduit une facture déjà émise, totalement ou partiellement. Il porte les mêmes mentions que la facture qu'il corrige et s'y rattache explicitement.
Ce que ça cache : l'avoir sert à trois choses très différentes — corriger une erreur de facturation, constater un retour de marchandise, accorder un geste commercial après coup. Confondre les trois dans un même compteur rend impossible toute analyse : on ne sait plus si l'on a un problème de saisie, un problème de qualité ou un problème de politique tarifaire.
G4 · 4. Services, projets et chantiers
Affectation de ressources
Attribution nominative d'une personne, d'une compétence ou d'un moyen à une tâche, sur une période donnée.
Ce que ça cache : l'affectation se heurte toujours à la même réalité — les mêmes trois personnes sont demandées partout. Un plan de charge qui ne fait pas apparaître les surcharges individuelles n'est pas un plan, c'est une liste de vœux. Et l'affectation à cent pour cent d'une ressource est une fiction : personne ne produit du facturable toute la journée.
G4 · 4. Services, projets et chantiers
Avenant
Modification contractuelle d'un engagement en cours : périmètre, délai, prix.
Ce que ça cache : l'avenant tardif est presque toujours le symptôme d'une demande acceptée oralement des semaines plus tôt. Le travail a commencé, le client considère la chose acquise, et la négociation se fait en position défavorable. La discipline qui protège la marge n'est pas de refuser les changements, c'est de les qualifier le jour où ils sont demandés.
G4 · 5. Systèmes, données et conduite de projet
API (Application Programming Interface · interface de programmation)
Point d'entrée technique par lequel un système expose des fonctions ou des données à un autre, de manière contrôlée et documentée. Le webhook en est le miroir : au lieu d'être interrogé, le système appelle lui-même le destinataire quand un événement survient.
Ce que ça cache : « nous avons une API » ne dit rien tant qu'on ne sait pas quelles opérations elle expose, à quelle fréquence elle supporte d'être appelée, et ce qu'elle renvoie en cas d'erreur. La question à poser en avant-vente n'est pas l'existence de l'API mais la liste des flux réellement disponibles.
B
G1 · 4. Les dates, les états du stock et la fiabilité
Blocage
L'action de rendre une quantité indisponible à la vente ou à la préparation, sans la sortir du stock.
Ce que ça cache : un blocage doit toujours porter un motif et une date. Sans motif, personne n'ose le lever ; sans date, il devient éternel. Beaucoup d'entrepôts ont ainsi des palettes bloquées depuis des années par une personne qui a quitté l'entreprise. Ce stock est compté dans la valorisation et ne servira jamais.
G2 · 3. Prix, facturation, litiges
Bourse de fret
Place de marché où des offres de fret et des capacités de transport se rencontrent.
Ce que ça cache : elle rend le prix visible, pas comparable. Deux offres au même prix peuvent recouvrir des délais de paiement, des assurances et des niveaux de preuve très différents.
G2 · 5. International, douane et conteneur
Booking (réservation)
Réservation d'une capacité auprès d'une compagnie maritime ou aérienne pour un envoi donné.
Ce que ça cache : un booking confirmé n'est pas une place garantie tant que la marchandise n'est pas embarquée. Le report d'embarquement existe, il se gère, et il déclenche en cascade des frais de stockage que personne n'avait budgétés.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
Backlog de maintenance (retard, carnet de travaux)
L'ensemble des travaux identifiés, validés, et non encore réalisés. Il s'exprime en charge de travail, pas en nombre de demandes.
Ce que ça cache : un backlog nul n'est pas un bon signe. Il signifie généralement qu'on n'enregistre que ce qu'on fait tout de suite, et que les travaux différés vivent dans la tête des techniciens. Un backlog qui existe, qui est chiffré en heures et qui est présenté en réunion est le meilleur argument budgétaire d'un responsable maintenance — et il ne peut pas être fabriqué le jour de la réunion.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
Bon de travail
Le document remis au technicien pour exécuter une tâche : la description, l'équipement, les consignes de sécurité, les pièces prévues, et l'espace pour le compte rendu.
Ce que ça cache : on l'emploie souvent comme synonyme d'ordre de travail. La distinction utile, quand elle est faite : l'ordre de travail est l'objet de gestion, qui porte le coût et l'historique ; le bon de travail est son support d'exécution, éventuellement imprimé. Si votre organisation ne fait pas la distinction, employez « ordre de travail » — c'est le terme qui structure les systèmes.
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
Bon de livraison (BL · delivery note)
Document qui accompagne la marchandise et atteste de ce qui a été remis, à qui, à quelle date. Signé par le destinataire, il devient la preuve de l'exécution.
Ce que ça cache : dans beaucoup d'organisations, c'est le BL qui déclenche la facturation — donc le BL non revenu, c'est du chiffre d'affaires en attente. Le délai moyen entre la livraison et le retour du bon signé est un indicateur de trésorerie déguisé en indicateur administratif. Mesurez-le chez vous ; il surprend souvent.
G4 · 4. Services, projets et chantiers
Backlog (reste à faire)
Liste ordonnée de ce qui n'a pas encore été réalisé, sur un projet ou un contrat de service.
Ce que ça cache : le mot vient du développement logiciel et s'est répandu dans les services. Sa vertu tient dans un seul point : il est ordonné. Un backlog non priorisé est une liste de tâches, et une liste de tâches ne dit jamais ce qu'on abandonne. Le geste utile n'est pas d'ajouter, c'est de trancher l'ordre.
G4 · 5. Systèmes, données et conduite de projet
Batch et temps réel
Un traitement batch regroupe et exécute les échanges par lots, à intervalle régulier. Le temps réel propage chaque événement à mesure.
Ce que ça cache : le temps réel est presque toujours demandé et rarement nécessaire. La bonne question n'est pas « à quelle vitesse ? » mais « quelle est la décision qui dépend de cette donnée, et à quel moment se prend-elle ? ». Un stock e-commerce rafraîchi toutes les quinze minutes suffit à beaucoup d'activités ; un stock rafraîchi la nuit ne suffit à aucune. Entre les deux, l'écart de coût est considérable.
C
G1 · 1. Le bâtiment, les zones et les engins
Cantilever
Un rayonnage sans montants à l'avant, fait de bras horizontaux fixés sur une colonne. Il sert aux charges longues : profilés, tubes, panneaux, planches.
Ce que ça cache : ces charges se comptent rarement à l'unité de manière fiable, et elles se prélèvent souvent au mètre ou à la barre entamée. C'est l'un des cas où le stock informatique et le stock réel divergent le plus vite, sans mauvaise volonté de personne.
G1 · 1. Le bâtiment, les zones et les engins
Chariot
Terme générique qui recouvre des engins très différents : le transpalette (déplace au sol), le gerbeur (lève modérément), le chariot frontal (polyvalent, gourmand en allée), le chariot à mât rétractable (travaille en allée étroite, à hauteur), le préparateur de commandes — un engin sur lequel l'opérateur monte avec la palette.
Ce que ça cache : « préparateur de commandes » désigne à la fois un engin et une personne. Dans un compte rendu de réunion, la phrase « il faut deux préparateurs de plus » est ambiguë et coûte cher à trancher tard.
G1 · 2. L'article, l'unité de charge et l'identification
Code-barres
Une représentation graphique lisible par un lecteur optique. Il n'y a pas un code-barres mais des familles : les linéaires, qui portent peu d'information, et les codes empilés ou bidimensionnels, qui en portent davantage.
Ce que ça cache : un code-barres ne dit pas ce qu'il contient. Deux étiquettes visuellement identiques peuvent encoder des structures différentes. C'est la cause d'une bonne partie des échecs de démarrage : on a testé le scan, il fonctionne, et en production les étiquettes d'un fournisseur ne sont pas interprétées comme prévu.
G1 · 2. L'article, l'unité de charge et l'identification
Conditionnement (PCB, SPCB)
La manière dont l'article est groupé. Le PCB — par combien — désigne le nombre d'unités dans le colis. Le SPCB désigne le nombre de colis dans le sur-emballage ou sur la couche.
Ce que ça cache : le conditionnement est une donnée qui bouge sans prévenir. Un fournisseur passe de douze à dix par carton, l'information arrive par un commercial, personne ne la reporte dans le référentiel, et les commandes se mettent à sortir fausses. C'est l'une des données à vérifier en priorité lors d'une reprise de données — et l'une des rares qu'on peut contrôler en pesant.
G1 · 3. Les flux : de la réception à l'expédition
Colisage
L'opération qui consiste à répartir les articles préparés dans des colis, et l'information qui en résulte : quel article dans quel colis, en quelle quantité.
Ce que ça cache : le colisage n'est utile que s'il est conservé. Une entreprise qui emballe sans enregistrer la composition des colis se retrouve, en cas de litige, incapable de dire ce qu'il y avait dans le carton contesté. Le geste supplémentaire à la table d'emballage se rembourse au premier litige gagné.
G1 · 3. Les flux : de la réception à l'expédition
Contrôle
En réception de marchandises. La vérification de conformité entre ce qui est physiquement présent et ce qui est annoncé. En réception on contrôle ce qu'on reçoit, en sortie ce qu'on a préparé.
Ce que ça cache : contrôler cent pour cent des sorties est le réflexe des organisations qui ont eu un incident. C'est coûteux et ce n'est pas toujours la bonne réponse. Le contrôle intelligent est ciblé : sur les références sensibles, sur les clients à enjeu, sur les préparateurs récents, sur les commandes atypiques. Encore faut-il que le système sache déclencher un contrôle sur critère plutôt que sur principe.
Le même mot a un autre sens dans le volet Production et maintenance.
G1 · 3. Les flux : de la réception à l'expédition
Cross-docking
Le transit d'une marchandise d'un quai de réception vers un quai d'expédition, sans passer par le stock. Deux formes coexistent : le cross-dock direct, où l'unité repart telle quelle, et le cross-dock avec éclatement, où l'on ouvre pour répartir entre destinataires.
Ce que ça cache : le cross-docking se vend comme une économie de stockage. C'est en réalité un transfert de contrainte vers la synchronisation : il faut que l'entrant arrive avant que le sortant ne parte, tous les jours. Une seule des deux extrémités qui dérive, et le cross-dock devient un stockage improvisé sur une zone qui n'a pas été conçue pour ça. À réserver aux flux dont on maîtrise vraiment les horaires.
G1 · 3. Les flux : de la réception à l'expédition
Cut-off (heure limite)
Côté commandes. L'heure au-delà de laquelle une commande reçue ne part plus le jour même.
Ce que ça cache : presque toutes les entreprises ont un cut-off. Peu l'ont écrit, et encore moins le tiennent. Il fonctionne alors comme une règle molle que le commerce contourne en appelant l'entrepôt. Chaque contournement est une désorganisation de la préparation en cours, invisible dans les indicateurs, très visible dans l'ambiance de fin de journée. Un cut-off qu'on ne défend pas n'existe pas.
Le même mot a un autre sens dans le volet Transport, transit et douane.
G1 · 4. Les dates, les états du stock et la fiabilité
Casse et démarque
La casse est la destruction physique constatée. La démarque désigne plus largement l'écart de stock non expliqué, qui recouvre la casse, le vol, l'erreur de saisie et l'erreur de comptage.
Ce que ça cache : l'attribution automatique de la démarque au vol est une facilité qui empêche de chercher. Dans la plupart des entrepôts, l'erreur de conversion entre niveaux d'emballage et le mouvement non enregistré pèsent plus lourd que la malveillance. Cherchez d'abord les écarts qui se répètent sur les mêmes références : un vol est irrégulier, une erreur de paramétrage ne l'est pas.
G1 · 5. Mesurer, et les systèmes qui mesurent
Classe ABC
Le classement des références par importance : une petite part d'entre elles concentre l'essentiel des mouvements, une part moyenne un flux intermédiaire, le reste bouge peu.
Ce que ça cache : la question qu'on oublie de poser est : ABC de quoi. Un classement par valeur, par nombre de lignes prélevées, par volume ou par poids ne donne pas les mêmes classes — et ne sert pas les mêmes décisions. Pour placer une référence près de la sortie, c'est le nombre de lignes qui compte, pas la valeur. Beaucoup d'entrepôts optimisent leur implantation avec un classement construit pour la comptabilité.
G2 · 1. Qui fait quoi : acteurs, rôles et engagements
Chargeur (shipper)
L'entreprise dont la marchandise est transportée — industriel, distributeur, négociant. Elle achète du transport, elle n'en vend pas.
Ce que ça cache : « chargeur » et « expéditeur » ne sont pas toujours la même personne.
Le chargeur est celui dont c'est la marchandise et qui paie ; l'expéditeur est celui depuis lequel elle part, et ce peut être un prestataire, un fournisseur ou un entrepôt tiers. Sur un document mal rempli, cette confusion suffit à déplacer une responsabilité.
G2 · 1. Qui fait quoi : acteurs, rôles et engagements
Commissionnaire de transport
Professionnel qui organise un transport sous sa propre responsabilité et choisit librement les moyens et les sous-traitants. Il s'engage sur un résultat — la marchandise arrivée — pas sur un moyen.
Ce que ça cache : c'est la différence la plus lourde de conséquences de tout ce glossaire.
Le commissionnaire répond de ceux qu'il substitue ; le simple mandataire ne répond que de ses propres fautes. Beaucoup d'entreprises se présentent commercialement comme commissionnaires et rédigent leurs conditions comme mandataires, ou l'inverse. Le régime applicable à un dossier dépend de la qualification retenue et des documents émis, et se vérifie au cas par cas avec un conseil : rien ici ne vaut avis juridique.
G2 · 1. Qui fait quoi : acteurs, rôles et engagements
Compte propre (transport pour compte propre · pour compte d'autrui)
Le compte propre désigne une entreprise qui transporte sa propre marchandise avec ses propres véhicules. Le compte d'autrui désigne l'activité de transport vendue à des tiers.
Ce que ça cache : la frontière se franchit sans y penser. Une flotte de compte propre qui commence à « dépanner » un client contre facture change de nature d'activité, avec des obligations différentes en matière d'autorisation, d'assurance et de tarification. C'est un sujet à traiter avant, pas après.
G2 · 1. Qui fait quoi : acteurs, rôles et engagements
Consignataire de navire
Représentant de l'armateur dans un port : il reçoit le navire, gère l'escale, délivre et récupère les documents, encaisse certains frais.
Ce que ça cache : on l'appelle parfois « agent maritime », et l'importateur croit souvent parler à la compagnie elle-même. Il ne décide ni des taux de fret ni des franchises : il applique. Négocier avec lui ce qui se décide au siège fait perdre des jours.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Chronotachygraphe
Appareil embarqué qui enregistre les temps de conduite, de travail et de repos du conducteur.
Ce que ça cache : ses données sont un journal d'exécution précieux — durées réelles d'étape, attentes, écarts au plan — et elles restent presque toujours cantonnées à un usage de contrôle social. Les exploiter pour améliorer un plan de transport suppose de les rapprocher des missions, ce que peu d'organisations font.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Contrainte d'accès
Tout ce qui, à l'adresse, limite la manière de livrer : gabarit de rue, hauteur sous porche, absence de quai, interdiction horaire, sol non stabilisé.
Ce que ça cache : c'est la donnée la plus rentable d'un référentiel client, et la plus mal tenue. Elle vit dans la tête des conducteurs habituels. Le jour où le conducteur habituel est en congé, elle coûte une seconde présentation.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Créneau de livraison (rendez-vous · slot)
Plage horaire convenue avec le destinataire pour la présentation du véhicule.
Ce que ça cache : un créneau accepté sans marge est un créneau manqué. Et un créneau imposé par un client puissant déplace le coût chez le transporteur sans jamais apparaître dans la grille tarifaire : on n'y perd pas une livraison, on y perd la moitié d'une journée de véhicule.
G2 · 3. Prix, facturation, litiges
Coût de revient au kilomètre
Coût complet d'exploitation d'un véhicule rapporté à la distance parcourue.
Ce que ça cache : calculé sur les kilomètres totaux, il rassure ; calculé sur les seuls kilomètres en charge, il dit la vérité. La différence entre les deux est exactement le prix de l'organisation.
G2 · 4. Documents et preuves
CMR
Document de transport routier international établi selon la convention du même nom. Le sigle désigne à la fois la convention et le document, ce qui entretient la confusion.
Ce que ça cache : un CMR mal rempli est presque aussi mauvais qu'un CMR absent. Les cases qui comptent en cas de litige sont celles que personne ne remplit : réserves, instructions particulières, date et heure réelles. Le champ d'application de la convention et ses effets se vérifient au cas par cas.
G2 · 4. Documents et preuves
Connaissement (Bill of Lading · B/L)
Document maritime qui vaut à la fois contrat de transport, reçu de la marchandise et, dans sa forme négociable, titre représentatif de celle-ci.
Ce que ça cache : c'est le seul document de cette liste qui puisse valoir la marchandise elle-même. Tant que l'original circule — banque, vendeur, acheteur — la marchandise peut être arrivée sans pouvoir être retirée. Beaucoup de journées de magasinage et de détention se paient pour cette raison, et pour cette raison seulement.
G2 · 5. International, douane et conteneur
Cut-off
Côté transport. Heure limite avant laquelle une marchandise ou un document doit être remis pour être pris en compte sur un départ.
Ce que ça cache : il y a plusieurs cut-off pour un même départ — marchandise, documents, déclaration — et ils ne tombent pas au même moment. Manquer celui des documents fait perdre le départ aussi sûrement que manquer celui de la marchandise.
Le même mot a un autre sens dans le volet Entrepôt et stocks.
G3 · I. Le référentiel de fabrication : ce qu'on fabrique, et avec quoi
Coproduit et sous-produit
Une même opération produit plusieurs sorties. Les coproduits sont les sorties voulues, de valeur comparable ; le sous-produit est la sortie secondaire, valorisable ou non. Courant en agroalimentaire, en découpe, en chimie.
Ce que ça cache : la difficulté n'est pas de les déclarer, elle est de répartir le coût entre eux. Une clé de répartition mal choisie rend un produit artificiellement rentable et l'autre artificiellement perdant, et c'est sur cette base que se prennent des décisions de gamme commerciale. Il faut écrire la clé, la dater, et savoir qui l'a décidée.
G3 · II. Planifier, calculer les besoins, lancer
Capacité finie et capacité infinie
Deux modes de planification. À capacité infinie, le système place les opérations sur les dates voulues sans se demander si les postes peuvent absorber la charge ; il révèle les surcharges, il ne les résout pas. À capacité finie, il ne place une opération que là où la capacité est libre, et décale le reste.
Ce que ça cache : l'ordonnancement à capacité finie est ce que tout le monde demande en premier et ce qui échoue le plus souvent. Il exige des temps de gamme justes, des capacités réelles connues, des indisponibilités machines à jour et une discipline de déclaration au poste. Sans cela, il produit un plan précis et faux, que l'atelier abandonne en trois semaines pour revenir au tableau blanc.
Nous placions autrefois ce chantier en tête des projets de production. Nous ne le faisons plus. Nous commençons par la fiabilité des nomenclatures et par la déclaration au poste ; la capacité finie vient après, quand les données qu'elle consomme existent.
G3 · II. Planifier, calculer les besoins, lancer
CBN — calcul des besoins nets (MRP · material requirements planning)
Le calcul qui part de la demande, la décompose à travers les nomenclatures, déduit les stocks et les ordres déjà lancés, et propose les ordres de fabrication et d'achat à créer, décalés selon les délais.
Ce que ça cache : le CBN n'est pas intelligent, et c'est sa qualité. Il applique mécaniquement des paramètres — délais, tailles de lot, stocks de sécurité — que quelqu'un a saisis un jour. Quand ses propositions paraissent absurdes, la cause est presque toujours un paramètre oublié, pas un défaut de calcul. La règle de terrain : ne jamais discuter une proposition CBN sans avoir ouvert la fiche du paramètre en cause.
G3 · II. Planifier, calculer les besoins, lancer
Charge
Le travail à réaliser sur un poste pendant une période, exprimé dans son unité d'œuvre. On le compare à la capacité pour voir où ça coince.
Ce que ça cache : une capacité affichée est presque toujours supérieure à la capacité tenable. Le temps de pause, le nettoyage de fin de poste, le changement d'équipe, la panne courte quotidienne : rien de tout cela n'est dans la fiche machine, et tout cela consomme du temps réel. Une capacité théorique non abattue produit une planification structurellement optimiste.
G3 · III. Fabriquer, contrôler, tracer
Contrôle (plan de contrôle)
En production. Le document qui définit, pour un produit ou un processus, ce qu'on vérifie, à quel moment, avec quel moyen de mesure, selon quel critère d'acceptation, et ce qu'on fait en cas d'écart.
Ce que ça cache : la dernière colonne — ce qu'on fait en cas d'écart — est celle qui manque le plus souvent. Sans elle, le contrôle produit une mesure et rien d'autre : l'écart est constaté, noté, et la production continue en attendant qu'on trouve quelqu'un pour décider.
Le même mot a un autre sens dans le volet Entrepôt et stocks.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
Compteur (relevé d'usage)
La mesure d'usage d'un équipement qui sert à déclencher la maintenance : heures de marche, kilomètres, cycles, tonnages, nombre de démarrages.
Ce que ça cache : un déclenchement au compteur est plus juste qu'un déclenchement au calendrier, et il ne vaut que si le relevé est fait. Le cas classique : le compteur horaire du groupe électrogène, relevé consciencieusement par un technicien pendant des années, plus relevé du tout depuis son départ. Les échéances continuent de se calculer sur la dernière valeur connue, et personne ne s'en aperçoit tant qu'il n'y a pas de panne.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
Conditionnel (maintenance conditionnelle)
Une maintenance déclenchée par l'état constaté de l'équipement — vibration, température, analyse d'huile, épaisseur, jeu — et non par une échéance.
Ce que ça cache : elle suppose qu'on mesure, qu'on ait un seuil, et que quelqu'un regarde. Beaucoup d'organisations font de la mesure conditionnelle sans en tirer de déclenchement : les relevés sont consignés dans un cahier près de la machine, et servent à confirmer après coup qu'on aurait pu voir venir la panne.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
Consignation (condamnation · lock out, tag out)
La mise en sécurité d'un équipement avant intervention : séparation des énergies, verrouillage physique, signalisation, vérification de l'absence d'énergie résiduelle, et attestation.
Ce que ça cache : c'est la partie du travail qui n'est pas négociable et que la pression sur les délais attaque en premier. Les exigences applicables dépendent des installations, des énergies concernées et des textes en vigueur, et se vérifient auprès des personnes compétentes. Ce qu'un système de gestion peut faire, en revanche, est simple : conditionner l'ouverture d'une intervention à la déclaration des consignations prévues, pour que l'oubli devienne visible.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
Contrat de maintenance
L'engagement avec un prestataire sur un périmètre d'équipements : nature des prestations, fréquences, délais de prise en charge et de rétablissement, pièces incluses ou non, révision des prix.
Ce que ça cache : ce qui manque presque toujours au contrat, et qui ne coûte rien à obtenir avant la signature : que le compte rendu d'intervention revienne dans votre système, dans votre format, sous un délai fixé. Sans cette clause, l'historique de vos équipements est en deux morceaux, dont un seul vous appartient — et le jour où vous voudrez évaluer le prestataire, vous n'aurez que ses propres factures pour le juger. Après la signature, cela devient une faveur.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
Une vérification imposée par la réglementation sur certaines installations — levage, pression, électricité, incendie, ascenseurs, entre autres — réalisée à une périodicité définie, souvent par un organisme habilité, et donnant lieu à un rapport à conserver.
Ce que ça cache : les équipements concernés, les périodicités et les qualifications requises dépendent des textes applicables et de la nature exacte des installations ; ils se vérifient auprès des organismes compétents et ne se déduisent pas d'un logiciel. Ce qui relève de l'organisation, en revanche : tenir un inventaire des obligations par installation, avec échéance et responsable, et une alerte qui ne dépende de la mémoire de personne. Le point faible habituel n'est pas l'oubli du contrôle — c'est le suivi des réserves émises dans le rapport, qui reste dans un classeur.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
L'intervention après défaillance. La palliative rétablit provisoirement la fonction — le dépannage ; la curative traite la cause et rétablit durablement. La distinction compte, parce qu'un dépannage laisse un travail à faire.
Ce que ça cache : dans beaucoup d'ateliers, le palliatif du mardi devient définitif parce que personne n'a ouvert de travail de suite. La machine tourne, l'affaire est classée, et la réparation provisoire est encore là trois ans plus tard — parfois oubliée jusqu'à ce qu'elle cède. Un dépannage devrait toujours générer une ligne dans le carnet de travaux.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
Criticité
Le niveau d'importance d'un équipement, déterminé par les conséquences de son arrêt : perte de production, sécurité, environnement, qualité, obligation réglementaire, existence ou non d'un secours.
Ce que ça cache : la criticité n'est pas une propriété de la machine, c'est une propriété de son rôle dans le flux — elle change quand le flux change, quand une ligne parallèle est arrêtée, quand un produit devient majoritaire. Elle doit être révisée périodiquement, et cette révision n'a lieu presque nulle part.
C'est aussi la donnée qui hiérarchise tout le reste : le plan de préventif, le stock de pièces, le délai d'astreinte. La construire coûte une réunion ; ne pas la construire coûte un plan de maintenance uniforme, aussi lourd sur la machine d'appoint que sur celle qui arrête l'usine.
G3 · V. Mesurer, coûter, arbitrer
Coût de possession (TCO · total cost of ownership)
Le coût complet d'un actif sur sa durée de vie : acquisition, énergie, consommables, pièces, main-d'œuvre interne et externe, immobilisations, dépose et remplacement.
Ce que ça cache : ce n'est pas une notion comptable, et c'est ce qui la rend difficile. La comptabilité range les dépenses par nature et par centre de coût ; elle ne les rattache jamais à un équipement précis, parce que ce n'est pas son rôle. Or c'est exactement ce qu'il faut pour décider de réparer ou de remplacer. Sur les quatre composantes principales, une seule est habituellement suivie — les pièces. Le temps interne « ne coûte rien puisqu'il est payé de toute façon », les prestations externes arrivent en factures globales, et l'immobilisation n'est pas mesurée.
G3 · V. Mesurer, coûter, arbitrer
Coût d'immobilisation (coût d'arrêt)
Ce que coûte l'indisponibilité d'un équipement : production non réalisée, personnes qui attendent, rattrapage en heures supplémentaires, éventuelles pénalités, parfois perte de matière.
Ce que ça cache : c'est la composante la plus lourde du coût de la maintenance, et celle que presque personne ne calcule. Tant qu'elle reste hors des chiffres, tout arbitrage penche mécaniquement du côté du moins-disant : une pièce en stock paraît chère, un contrat de réactivité paraît cher, un renouvellement paraît cher. Une estimation grossière mais assumée du coût horaire d'arrêt d'une ligne change toutes ces conversations — et elle se construit avec le contrôle de gestion, pas avec un logiciel.
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
Commande client
Engagement ferme du client sur des articles, des quantités, un prix et une date. C'est la pièce pivot : elle transforme une intention commerciale en obligation d'exécution.
Ce que ça cache : le mot désigne, selon l'interlocuteur, le document reçu du client, la saisie dans le système, ou la ligne de commande individuelle. Quand quelqu'un annonce « trois cents commandes ce mois », demandez toujours s'il parle d'en-têtes ou de lignes — le rapport entre les deux change tout au dimensionnement de la préparation.
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
Commission
Rémunération variable d'un vendeur, calculée sur un assiette définie : chiffre d'affaires facturé, marge dégagée, encaissement réalisé.
Ce que ça cache : l'assiette choisie pilote le comportement plus sûrement que n'importe quel discours managérial. Commissionner sur le chiffre d'affaires facturé produit des remises généreuses ; commissionner sur l'encaissement produit des commerciaux qui relancent leurs propres clients. La règle de calcul est une décision de direction, pas un paramétrage.
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
Condition commerciale
Ensemble des règles convenues avec un client au-delà du prix unitaire : remises, délais de paiement, franco, gratuités, ristournes de fin de période, conditions de retour.
Ce que ça cache : c'est le point où les entreprises découvrent le plus d'écarts entre ce qui est convenu et ce qui est appliqué. Les conditions négociées oralement par un commercial expérimenté, jamais consignées, disparaissent le jour de son départ — et le client, lui, s'en souvient parfaitement.
G4 · 2. Vente, relation client et animation du terrain
Compte rendu de visite
Trace écrite d'un rendez-vous client : ce qui a été dit, décidé, promis, et la prochaine action avec sa date.
Ce que ça cache : un compte rendu qui n'engage aucune action datée n'est pas un compte rendu, c'est un souvenir. Et un compte rendu rédigé le vendredi soir pour la semaine entière est rédigé de mémoire — la mémoire arrondit. La saisie utile se fait dans la voiture, juste après, sur trois champs, pas sur douze.
G4 · 2. Vente, relation client et animation du terrain
CRM (Customer Relationship Management · gestion de la relation client, GRC)
Système qui tient la connaissance commerciale : contacts, historique des échanges, affaires en cours, actions à venir. Il gère l'avant-vente et la relation, là où l'ERP gère la transaction.
Ce que ça cache : la frontière avec l'ERP n'est jamais donnée d'avance, et c'est la principale source de conflit dans ces projets. Qui détient la fiche client ? Qui crée le devis ? Où vit la commande ? Ces trois questions doivent être tranchées au cadrage, pas arbitrées par le premier système installé.
G4 · 2. Vente, relation client et animation du terrain
Cycle de vente
Durée et suite d'étapes entre le premier contact qualifié et la commande signée.
Ce que ça cache : une entreprise a rarement un cycle de vente, elle en a plusieurs — le réassort d'un client existant, l'ouverture d'un nouveau compte, l'affaire de projet. Les mélanger dans une moyenne unique produit un indicateur que personne ne peut utiliser.
G4 · 3. Points de vente, magasins et canaux de distribution
Caisse
À la fois le poste physique d'encaissement, le logiciel qui l'anime, et le fonds monétaire qu'il contient. Les trois sens circulent dans la même phrase, souvent sans que personne ne s'en rende compte.
Ce que ça cache : la contrainte majeure n'est pas fonctionnelle, elle est physique — la caisse doit continuer à encaisser quand le réseau tombe. Un dispositif qui exige une connexion permanente au siège pour enregistrer une vente sera contourné le premier jour d'incident, et les ventes reprises à la main ensuite.
G4 · 3. Points de vente, magasins et canaux de distribution
Click and collect (commande en ligne, retrait en magasin)
Le client commande à distance et retire dans un point de vente.
Ce que ça cache : l'opération se casse presque toujours au même endroit — la réservation du stock. Si l'article vendu en ligne n'est pas immédiatement soustrait du disponible magasin, il sera vendu deux fois dans la journée, et c'est le vendeur en rayon qui l'apprendra au client venu retirer. Le sujet n'est pas le canal, c'est le stock unifié.
G4 · 3. Points de vente, magasins et canaux de distribution
Clôture de caisse
Opération de fin de journée ou de fin de session : arrêt des ventes, comptage, ventilation par mode de règlement, justification des écarts, transfert des fonds.
Ce que ça cache : la clôture est le moment de vérité comptable du magasin, et c'est aussi le moment où l'on est le plus pressé de rentrer. Toute procédure de clôture qui dépasse quelques minutes sera bâclée. Ce qui compte n'est pas la richesse de l'état imprimé, mais la simplicité du geste qui justifie un écart.
G4 · 4. Services, projets et chantiers
Capacité et charge
La capacité est ce que l'organisation peut produire sur une période ; la charge est ce qu'on lui a engagé.
Ce que ça cache : la comparaison n'a de sens qu'à granularité égale. Une capacité globale confortable peut masquer une pénurie sur une compétence rare, celle qui bloquera tous les projets simultanément. Le pilotage se fait par la ressource contrainte, pas par la moyenne.
G4 · 4. Services, projets et chantiers
Catalogue de services
Description structurée des prestations vendues : nature, contenu, unité de vente, mode de facturation, engagements associés.
Ce que ça cache : dans les sociétés de services, ce catalogue existe rarement sous forme écrite, alors même qu'il est vendu tous les jours. Chaque commercial le reconstitue à sa façon dans ses propositions, ce qui rend impossible toute comparaison entre affaires et toute analyse de rentabilité par type de prestation.
G4 · 4. Services, projets et chantiers
Chantier
Lieu et périmètre d'exécution d'une prestation hors des murs de l'entreprise, avec ses propres ressources, ses propres stocks et ses propres contraintes d'accès.
Ce que ça cache : le chantier consomme des matériels et des consommables qui restent, sur le papier, au stock du dépôt. Cette fiction se maintient jusqu'au premier inventaire. Un chantier ouvert est un emplacement de stock à part entière — l'admettre dans le modèle évite de découvrir les écarts six mois après la fin des travaux.
G4 · 5. Systèmes, données et conduite de projet
Cadrage
Phase initiale d'un projet où l'on fixe le périmètre, les acteurs, les processus retenus, les règles de gestion et ce qui est explicitement exclu.
Ce que ça cache : le livrable le plus utile d'un cadrage est la liste de ce qu'on ne fera pas. C'est la seule qui protège le projet quand les demandes arrivent en cours de route. Un cadrage sans exclusions écrites n'a pas cadré grand-chose.
D
G1 · 1. Le bâtiment, les zones et les engins
Drive-in et drive-through
Des structures de stockage compact où le chariot entre dans la rangée pour déposer les palettes les unes derrière les autres. Le drive-in a une seule entrée. Le drive-through est traversant, avec une entrée et une sortie.
Ce que ça cache : le drive-in impose un dernier entré, premier sorti. Physiquement. Aucun paramétrage ne contournera la géométrie. Beaucoup d'entrepôts font cohabiter un stockage drive-in et une règle de sortie par date, puis s'étonnent que la règle ne soit pas respectée. Elle ne peut pas l'être : on a rangé une contrainte de gestion dans une structure qui dit le contraire.
G1 · 4. Les dates, les états du stock et la fiabilité
DLC — date limite de consommation
La date au-delà de laquelle un produit ne doit plus être consommé. Elle concerne les denrées sensibles.
Ce que ça cache : son cadre est réglementaire et dépend de la catégorie de produit et du pays de commercialisation ; faites vérifier ce qui s'applique aux vôtres plutôt que de recopier une règle générale. Sur le plan opérationnel, la question n'est pas la date elle-même mais le seuil contractuel : beaucoup de clients refusent une marchandise dont la durée de vie restante est inférieure à ce qui a été convenu. Un produit parfaitement consommable devient alors invendable à ce client — et reste disponible dans le système, qui ne connaît que la date.
G1 · 4. Les dates, les états du stock et la fiabilité
DLUO et DDM
La DLUO — date limite d'utilisation optimale — concerne les produits dont la qualité se dégrade sans que la sécurité soit en jeu. La DDM — date de durabilité minimale — est la mention qui l'a remplacée dans l'étiquetage ; l'usage courant continue longtemps de dire DLUO.
Ce que ça cache : confondre DLC et DLUO conduit à détruire de la marchandise encore vendable, ou à en expédier qu'il fallait retirer. Le paramétrage doit distinguer les deux natures de date, article par article. Comme pour la DLC, le libellé exact et les obligations d'affichage se vérifient auprès de qui de droit avant d'être figés.
G2 · 1. Qui fait quoi : acteurs, rôles et engagements
Destinataire
La personne ou l'entreprise à qui la marchandise doit être remise. Elle figure sur le document de transport.
Ce que ça cache : le destinataire n'est pas nécessairement celui qui paie, ni celui qui a commandé, ni celui qui signe à l'arrivée. Sur un site industriel, c'est souvent un gardien.
Une preuve de livraison signée par quelqu'un qui n'a aucun rôle identifiable est une preuve faible.
G2 · 5. International, douane et conteneur
Débours
Sommes avancées par le prestataire pour le compte de son client et refacturées à l'identique, sans marge, sur justificatif.
Ce que ça cache : le débours est le point où la marge d'un dossier de transit se perd le plus discrètement. Un débours engagé mais non enregistré le jour où il est connu réapparaît des semaines plus tard, quand la facture du tiers arrive — après que le dossier a été facturé.
Et un débours sans pièce justificative n'est plus un débours : c'est une charge.
G2 · 5. International, douane et conteneur
Déclarant en douane
Professionnel habilité à établir et déposer les déclarations pour le compte d'autrui. Selon les pays et les statuts, on parle aussi de commissionnaire en douane agréé.
Ce que ça cache : dans l'usage marocain, la même maison exerce souvent le transit, le dédouanement et parfois l'entreposage. Les responsabilités attachées à chacun de ces rôles ne sont pourtant pas les mêmes, et les conditions d'exercice relèvent de l'agrément applicable.
G2 · 5. International, douane et conteneur
Déclaration en douane
Acte par lequel un opérateur déclare une marchandise sous un régime donné et fournit les éléments nécessaires à sa liquidation.
Ce que ça cache : la déclaration engage celui qui la signe. Les éléments qui la composent — classement, origine, valeur — sont des décisions, pas des recopies. C'est pourquoi le circuit de vérification interne avant dépôt vaut mieux que la relecture après.
G2 · 5. International, douane et conteneur
Dédouanement
Ensemble des formalités permettant à une marchandise d'entrer dans un territoire douanier ou d'en sortir sous un régime déterminé.
Ce que ça cache : l'expression « la marchandise est en douane » recouvre des situations très différentes : déclaration non déposée, déposée mais non liquidée, contrôlée, liquidée mais non payée. Un statut de dossier qui ne distingue pas ces états ne sert à personne.
G2 · 5. International, douane et conteneur
Demurrage
Frais dus à la compagnie lorsqu'un conteneur reste dans l'enceinte du terminal au-delà de la période de franchise accordée.
Ce que ça cache : demurrage et détention sont deux compteurs différents que tout le monde confond. L'un court tant que le conteneur est dans le terminal ; l'autre court une fois qu'il en est sorti et n'est pas restitué. Un dossier peut porter les deux, successivement, et le premier réflexe utile est de savoir lequel court aujourd'hui.
G2 · 5. International, douane et conteneur
Détention
Frais dus lorsqu'un conteneur sorti du terminal n'est pas restitué à la compagnie dans le délai accordé.
Ce que ça cache : c'est le seul de ces compteurs que l'importateur contrôle réellement, puisqu'il court chez lui. Il se déclenche pourtant pour des raisons qui n'ont rien à voir avec la douane : un dépotage repoussé faute de place à quai, un conteneur gardé comme réserve de stockage improvisée, un retour non planifié.
G3 · II. Planifier, calculer les besoins, lancer
Délai d'obtention (délai d'approvisionnement · lead time)
Le temps entre le déclenchement d'un besoin et sa disponibilité effective. En fabrication, il inclut l'attente devant le poste, pas seulement le temps d'opération.
Ce que ça cache : dans la plupart des paramétrages, le délai d'obtention est un chiffre rond saisi à la mise en route et jamais revu. Il est le paramètre le plus influent du calcul des besoins et le moins entretenu. Le vérifier demande peu : comparer, sur un échantillon de mois, la date de lancement et la date de disponibilité réelle.
G3 · III. Fabriquer, contrôler, tracer
Déclaration de production
L'enregistrement, par l'atelier, de ce qui a été réellement produit et consommé sur un ordre : quantités bonnes, rebuts, temps passés, matières.
Ce que ça cache : c'est le point de tension de tout projet de production. Toute la valeur d'un système — coût réel, encours, traçabilité, TRS — dépend d'une saisie faite par des personnes dont ce n'est pas le métier, au milieu de leur travail, parfois avec des gants. Chaque champ demandé doit avoir un usage identifié ; si personne ne sait quoi faire d'une information, elle ne doit pas être saisie. Une déclaration qui prend trop de temps sera faite en fin de poste, de mémoire, pour tout le monde d'un coup — et ne vaudra plus rien.
G3 · III. Fabriquer, contrôler, tracer
Dérogation (acceptation en l'état)
La décision formelle d'accepter et d'utiliser un produit non conforme, motivée, tracée, et prise par une personne identifiée.
Ce que ça cache : la dérogation existe dans toutes les usines ; ce qui varie, c'est qu'elle soit écrite ou non. Non écrite, elle devient une pratique tacite : on sait que tel écart passe, on ne sait plus qui l'a décidé ni jusqu'où. Le jour où le client la découvre, personne ne peut expliquer la règle appliquée.
G3 · III. Fabriquer, contrôler, tracer
DLC, DLUO, DDM, shelf life
Des dates de péremption de nature différente. La DLC (date limite de consommation) marque une limite sanitaire ; la DLUO — aujourd'hui appelée DDM, date de durabilité minimale — marque une limite de qualité. La shelf life désigne la durée de vie restante, souvent exigée contractuellement à la livraison.
Ce que ça cache : la contrainte de shelf life résiduelle est celle qui coûte le plus cher et qui se paramètre le moins souvent. Un client peut refuser une marchandise parfaitement consommable parce qu'il lui reste moins de durée de vie que son contrat n'en exige. Ce refus se prépare à l'affectation du lot, pas à la livraison.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
Demande d'intervention (DI)
La demande émise par un utilisateur — production, exploitation, qualité — signalant un besoin. Elle n'est pas encore un travail : elle doit être qualifiée, acceptée ou refusée, puis transformée en ordre de travail.
Ce que ça cache : ouvrir la demande d'intervention à toute l'usine est une bonne idée qui échoue quand le retour n'est pas organisé. Si le demandeur ne sait jamais ce qu'est devenue sa demande, il repasse au téléphone dès la deuxième fois, et le canal officiel se vide. L'accusé de traitement compte autant que le formulaire.
G3 · V. Mesurer, coûter, arbitrer
Disponibilité
La part du temps requis pendant laquelle un équipement est apte à fonctionner. Elle se dégrade par les pannes et par les arrêts d'intervention.
Ce que ça cache : elle se lit toujours à côté de la fiabilité et de la maintenabilité, qui sont ses deux causes. Une disponibilité correcte peut recouvrir un équipement qui tombe rarement en panne mais reste immobilisé longtemps, ou l'inverse. Les deux situations n'appellent ni la même action ni le même budget.
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
Devis (proposition commerciale · quotation)
Offre chiffrée adressée à un client, valable pour une durée donnée. Elle n'engage l'entreprise que dans les termes qu'elle porte.
Ce que ça cache : la question utile n'est pas combien de devis on émet, mais combien de versions successives d'un même devis circulent. Trois versions signifient une négociation ; huit signifient un besoin mal cadré au départ, et un coût commercial que personne ne compte.
G4 · 3. Points de vente, magasins et canaux de distribution
Démarque (connue et inconnue)
La démarque est la perte de valeur du stock marchand. Elle est connue quand la cause est identifiée et enregistrée — casse, périmé, retiré de la vente. Elle est inconnue quand on ne la constate qu'à l'inventaire, sans explication.
Ce que ça cache : la démarque inconnue est un solde d'ignorance, pas un phénomène. Elle agrège du vol, mais aussi des erreurs de réception, des erreurs de caisse, des unités mal converties et des transferts non saisis. La traiter comme un problème de sécurité avant d'avoir fiabilisé les entrées et les sorties revient à mettre un vigile devant une porte pendant qu'une autre reste ouverte.
E
G1 · 1. Le bâtiment, les zones et les engins
Emplacement
La plus petite maille de rangement identifiée : une alvéole de palettier, un mètre linéaire d'étagère, un bac, une zone au sol tracée.
Ce que ça cache : la vraie question n'est pas « avons-nous des emplacements » mais « un emplacement peut-il contenir plusieurs références, et plusieurs lots ». La réponse conditionne tout : la fiabilité de l'inventaire, le temps de prélèvement, la traçabilité. Un emplacement mono-référence coûte de la surface et rend le reste simple. Un emplacement banalisé fait l'inverse. Ce choix se prend une fois et se paie longtemps.
G1 · 2. L'article, l'unité de charge et l'identification
EAN / GTIN
Le code d'identification commerciale d'un article, celui qu'on lit en caisse. GTIN est le terme générique ; EAN est le nom historique encore largement employé en Europe et au Maroc. Ils désignent la même chose dans l'usage courant.
Ce que ça cache : un GTIN identifie une présentation d'un produit, pas un produit. Le même café en sachet et en carton de six a deux codes distincts. Les référentiels qui n'ont qu'un code par article finissent par scanner le mauvais niveau d'emballage, et personne ne comprend pourquoi les quantités sont fausses d'un facteur régulier.
G1 · 2. L'article, l'unité de charge et l'identification
Étiquette logistique
L'étiquette apposée sur une unité de charge, qui porte son identifiant et généralement des données de contenu : référence, quantité, lot, date.
Ce que ça cache : deux erreurs reviennent. La première, imprimer trop d'informations en trop petit : elle se lit sur un bureau, pas à trois mètres de haut. La seconde, poser une seule étiquette sur une palette qu'on approchera par n'importe quel côté. Deux étiquettes sur deux faces adjacentes coûtent le prix du papier et font gagner un geste à chaque manipulation.
G1 · 3. Les flux : de la réception à l'expédition
Expédition
L'ensemble des opérations qui vont de la fin de la préparation au départ du véhicule : constitution des unités d'expédition, contrôle de chargement, édition des documents, départ.
Ce que ça cache : le chargement est le dernier moment où une erreur peut être rattrapée sans coût. C'est aussi celui où la pression est maximale et où le contrôle saute en premier. Un contrôle de chargement qui se réduit à compter les palettes ne détecte pas la palette du bon client montée dans le mauvais camion — et c'est l'erreur la plus chère de toute la chaîne, parce qu'elle en produit deux.
G1 · 4. Les dates, les états du stock et la fiabilité
Écart de stock
La différence entre la quantité que le système annonce et celle qu'on trouve en comptant.
Ce que ça cache : un écart n'est pas une erreur de comptage, c'est le symptôme d'un mouvement non enregistré ou mal enregistré. Corriger l'écart sans chercher sa cause revient à remettre le compteur à zéro en gardant la fuite. La bonne pratique tient en une phrase : toute correction porte un motif pris dans une liste fermée, et cette liste s'analyse une fois par mois. C'est ce qui distingue un entrepôt qui s'améliore d'un entrepôt qui recompte.
G1 · 5. Mesurer, et les systèmes qui mesurent
ERP — progiciel de gestion intégré
Le système qui porte les processus de gestion : achats, ventes, stocks, facturation, comptabilité.
Ce que ça cache : la frontière avec le WMS est la discussion la plus fréquente et la moins bien posée. Un ERP connaît le stock d'un article dans un dépôt ; un WMS connaît la palette, son emplacement, son lot et la personne qui l'a rangée. Tant que l'activité se pilote au dépôt, l'ERP suffit et un WMS n'apporterait qu'une charge. Le basculement se produit quand la localisation fine, le lot ou le rendement de préparation deviennent des sujets. Ce moment se date par des symptômes, pas par une taille d'entreprise.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Enlèvement (ramasse · collecte)
Prise en charge de la marchandise chez l'expéditeur, seule ou au cours d'une tournée passant chez plusieurs d'entre eux — on parle alors de ramasse.
Ce que ça cache : l'enlèvement est l'étape la plus mal renseignée d'une mission. Le conducteur repart avec ce qu'on lui donne, qui n'est pas toujours ce qui était annoncé : quantité différente, colis supplémentaire, conditionnement inattendu. Ce qui n'est pas relevé au départ se découvre à l'arrivée, quand il n'y a plus personne à interroger.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Étape
Point de passage d'une mission : chargement, livraison, passage à quai, pause imposée.
Ce que ça cache : c'est l'unité de base de toute remontée terrain. Une exploitation qui suit ses missions sans les décomposer en étapes n'a que deux statuts utiles — parti, arrivé — et découvre les problèmes à la fin.
G2 · 4. Documents et preuves
eCMR
Version électronique du document de transport routier international.
Ce que ça cache : son intérêt opérationnel — preuve disponible immédiatement, plus de document oublié dans une cabine — ne dépend pas de son statut juridique. Son acceptation formelle varie selon les pays et les partenaires, et se vérifie avant de bâtir un processus dessus.
G2 · 5. International, douane et conteneur
Empotage · dépotage
Chargement d'une marchandise dans un conteneur (empotage) et son déchargement (dépotage).
Ce que ça cache : l'empotage est le moment où se décident la stabilité du chargement, le calage et la répartition des poids — et le moment où l'on relève, ou non, le numéro de scellé.
Un plan d'empotage conservé permet de répondre à une contestation ; sans lui, on discute de mémoire. Au dépotage, c'est le comptage contradictoire qui joue le même rôle, et il est encore plus rarement fait.
G2 · 5. International, douane et conteneur
EVP (équivalent vingt pieds · TEU)
Unité de compte du trafic conteneurisé, ramenant les capacités à l'équivalent d'un conteneur de vingt pieds.
Ce que ça cache : c'est une unité de statistique portuaire, pas une unité d'exploitation.
Raisonner en EVP pour dimensionner une aire de stockage ou une flotte de porte-conteneurs routiers conduit à des erreurs, parce que l'encombrement réel dépend du format effectif.
G3 · II. Planifier, calculer les besoins, lancer
Encours (« en-cours ») — work in progress, WIP
Ce qui est engagé en fabrication et pas encore terminé : matière consommée, produits en cours de transformation, sous-ensembles entre deux postes.
Ce que ça cache : d'abord l'orthographe, parce qu'elle sème la confusion dans les documents. « En-cours » avec trait d'union est la forme substantivée traditionnelle, notamment en comptabilité et en finance ; « encours » soudé s'est imposé dans l'usage industriel et dans les logiciels. Les deux se lisent, choisissez-en un et tenez-le dans tout le référentiel.
Ensuite le fond : l'encours est le stock que personne ne compte. Il est réparti sur les postes, dans les bacs, sur les palettes en attente, et il n'apparaît à l'inventaire que si les déclarations de production sont faites au bon moment. Un encours mal suivi se retrouve intégralement dans l'écart d'inventaire.
G3 · III. Fabriquer, contrôler, tracer
Échantillonnage
La règle qui définit combien d'unités on contrôle dans un lot, et à partir de combien de défauts on refuse le lot.
Ce que ça cache : un échantillonnage n'est pas une commodité, c'est un pari statistique assumé : on accepte de laisser passer une part de défauts. Le formuler ainsi devant un client change la conversation, et vaut mieux que de laisser croire qu'on contrôle tout.
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
Échéance et terme de paiement
Le terme est la règle contractuelle (à trente jours date de facture, à réception, fin de mois) ; l'échéance est la date qui en résulte pour une facture donnée.
Ce que ça cache : deux clients « à soixante jours » peuvent payer à des dates très différentes selon que le terme court à partir de la facture, de la livraison, ou de la fin du mois de facturation. Les litiges de retard portent plus souvent sur le mode de calcul que sur la volonté de payer.
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
Encours client (en-cours de crédit · credit exposure)
Montant total que le client vous doit à un instant donné : factures non réglées, plus — selon la définition retenue — livraisons non encore facturées et commandes acceptées non livrées.
Ce que ça cache : presque tout le monde emploie ce mot, presque personne ne le définit de la même façon. L'encours « comptable » ne compte que les factures ; l'encours « de risque » compte ce qui est déjà engagé. C'est le second qui devrait bloquer une nouvelle commande, et c'est le premier qu'on affiche généralement. Une règle de blocage adossée au mauvais périmètre laisse passer précisément les situations qu'elle prétend éviter.
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
ERP de gestion (Enterprise Resource Planning · progiciel de gestion intégré, PGI)
Système qui tient les référentiels communs — articles, tiers, tarifs — et enchaîne les processus d'achat, de stock, de vente, de facturation et de règlement sur une base de données unique. Le terme français officiel est progiciel de gestion intégré ; à l'oral, personne ne l'utilise.
Ce que ça cache : « intégré » ne veut pas dire « complet ». Un ERP couvre le tronc commun de la gestion ; il ne couvre pas en profondeur les métiers d'exécution — entrepôt, transport, maintenance, caisse — qui ont leurs propres catégories d'outils. Vouloir tout faire tenir dans l'ERP produit des développements spécifiques coûteux à maintenir ; vouloir tout séparer produit des interfaces à maintenir. Il n'existe pas de réponse générale, seulement un arbitrage à documenter.
G4 · 3. Points de vente, magasins et canaux de distribution
Écart de caisse
Différence entre le fonds théorique attendu et le comptage réel à la clôture.
Ce que ça cache : la politique de traitement de l'écart révèle la culture de l'enseigne. Trois traitements coexistent — tolérance en dessous d'un seuil, justification obligatoire, remboursement par le caissier — et le troisième produit mécaniquement des écarts non déclarés : le caissier compense d'un jour sur l'autre. Un magasin dont les écarts sont toujours nuls mérite plus d'attention qu'un magasin dont les écarts sont petits et déclarés.
G4 · 5. Systèmes, données et conduite de projet
EDI (Electronic Data Interchange · échange de données informatisé)
Échange de documents commerciaux structurés entre systèmes de deux entreprises — commandes, avis d'expédition, factures — selon un format et une syntaxe convenus.
Ce que ça cache : l'EDI est un sujet de relation client autant que de technique. Le format est souvent imposé par le donneur d'ordre, ses évolutions aussi, et les pénalités de non-conformité figurent dans le contrat. Ce qui coûte n'est pas la mise en place initiale, c'est le maintien dans le temps quand chaque partenaire fait évoluer son dialecte.
Copies distinctes du système : l'une pour construire, l'une pour tester, l'une pour travailler. Elles ne contiennent pas les mêmes données et ne se modifient pas dans le même ordre.
Ce que ça cache : l'erreur classique est de tester sur un jeu de données trop propre. Une recette menée sur douze articles inventés valide l'outil et rate tout ce qui fera mal : les vieux articles mal codés, les clients en double, les cas historiques. Le jeu de test doit contenir les monstres, pas les exemples.
Chaîne de traitement qui va chercher des données dans un système, les met en forme, puis les charge dans un autre — pour une reprise, un entrepôt de données ou une synchronisation périodique.
Ce que ça cache : l'étape qui coûte est la transformation, et elle est presque toujours sous-estimée parce qu'elle exige des décisions métier, pas techniques : quelle règle appliquer quand deux sources se contredisent, que faire des champs vides, comment traiter les codes obsolètes. Ces arbitrages ne se délèguent pas à l'informatique.
F
G1 · 4. Les dates, les états du stock et la fiabilité
FEFO — First Expired, First Out, premier périmé, premier sorti
La règle qui fait sortir en premier ce qui périme le plus tôt, indépendamment de la date d'entrée.
Ce que ça cache : c'est la seule règle qui protège vraiment du produit périmé en stock, et elle n'est applicable que si la date est saisie à la réception, correctement, sur chaque unité. Sans cette saisie, le FEFO est une case cochée dans un paramétrage et rien de plus. Le FEFO impose aussi un stockage qui permet d'atteindre la bonne palette — ce que le stockage compact interdit.
G1 · 4. Les dates, les états du stock et la fiabilité
FIFO — First In, First Out, premier entré, premier sorti
La règle qui fait sortir en premier ce qui est entré en premier.
Ce que ça cache : FIFO et FEFO se confondent tant que les produits arrivent dans l'ordre de leur péremption. Ils divergent dès qu'un fournisseur livre un lot plus frais que celui déjà en stock — ce qui arrive régulièrement. Beaucoup d'entrepôts appliquent un FIFO en croyant appliquer un FEFO, et découvrent le problème sur un produit périmé qui restait au fond.
G2 · 1. Qui fait quoi : acteurs, rôles et engagements
Freight forwarder
Terme anglais pour l'organisateur de transport international. En français on dit transitaire ou commissionnaire de transport selon le rôle réellement tenu.
Ce que ça cache : l'anglais gomme précisément la distinction qui compte. « Freight forwarder » ne dit pas si l'entreprise s'engage sur le résultat ou seulement sur l'exécution d'un mandat. Dans un contrat rédigé en anglais, cherchez les clauses de responsabilité, pas le titre.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
FTL / LTL (Full Truck Load · Less than Truck Load)
FTL désigne un envoi qui occupe un véhicule complet ; LTL un envoi qui partage le véhicule avec d'autres. En français : lot complet et lot partiel (ou groupage).
Ce que ça cache : la frontière n'est pas physique mais commerciale. Un envoi peut occuper la moitié d'un camion et être vendu en complet, parce que le client a acheté l'exclusivité du véhicule — donc l'absence d'autres arrêts. Ce qu'on achète en FTL, c'est souvent le non-partage plus que le volume.
G2 · 3. Prix, facturation, litiges
Franco (franco de port)
Côté transport. Se dit d'un prix de vente incluant le transport jusqu'au client.
Ce que ça cache : le franco fait disparaître le coût du transport dans le prix de la marchandise. Chez beaucoup de distributeurs, plus personne ne sait ce que coûte réellement de livrer un client — et donc quels clients sont rentables. Rétablir cette visibilité est souvent le premier chantier utile, avant tout outil.
Le même mot a un autre sens dans le volet Commerce, services et canaux.
G2 · 4. Documents et preuves
Facture commerciale (et certificat d'origine)
La facture commerciale est le document du vendeur décrivant la marchandise, sa valeur et les conditions de vente. Le certificat d'origine, quand il est requis, atteste du pays d'origine.
Ce que ça cache : deux confusions, une par document. La facture commerciale est la pièce de départ de tout le dossier d'importation : une description imprécise ou une valeur mal libellée s'y propage jusqu'au classement tarifaire et retarde tout le reste. Quant à l'origine, elle n'est pas la provenance — une marchandise expédiée depuis un pays peut être originaire d'un autre, et c'est l'origine, établie selon les règles applicables, qui conditionne le traitement tarifaire éventuel. Les conditions se vérifient auprès de l'administration compétente.
G2 · 5. International, douane et conteneur
FCL / LCL (Full Container Load · Less than Container Load)
FCL désigne un conteneur complet dédié à un seul envoi ; LCL un envoi partageant un conteneur avec d'autres, via un groupeur.
Ce que ça cache : le LCL a un coût caché rarement anticipé : il ajoute deux opérations — empotage au départ, dépotage à l'arrivée — et donc deux occasions d'avarie, deux attentes et deux jeux de frais locaux. Le prix du fret comparé seul induit systématiquement en erreur.
G2 · 5. International, douane et conteneur
Franchise (free time)
Période pendant laquelle un conteneur peut rester en terminal ou chez le client sans frais.
Ce que ça cache : elle se négocie, elle se compte en jours calendaires ou ouvrés selon les accords, et elle commence à courir à un événement précis qu'il faut connaître. La plupart des dépassements ne viennent pas d'une négociation ratée mais du fait que personne ne surveillait la date de départ du compteur.
G3 · II. Planifier, calculer les besoins, lancer
Flux poussé et flux tiré
En flux poussé, on fabrique sur prévision et on pousse vers l'aval. En flux tiré, l'aval déclenche la production de l'amont au fur et à mesure de sa consommation.
Ce que ça cache : presque aucune usine n'est entièrement dans l'un ou dans l'autre. La question utile n'est pas « poussé ou tiré » mais « à quel point du flux se situe la frontière » — le point de découplage, souvent le stock de semi-finis. Le déplacer change le délai promis au client et le niveau de stock, dans des sens opposés.
G3 · V. Mesurer, coûter, arbitrer
Fiabilité
L'aptitude d'un équipement à fonctionner sans défaillance pendant une durée donnée. Elle porte sur la fréquence des pannes, pas sur leur durée.
Ce que ça cache : on l'améliore par la conception, par le préventif ciblé et par la suppression des causes récurrentes — pas en réparant plus vite. Confondre un problème de fiabilité avec un problème de réactivité conduit à renforcer l'équipe d'intervention pendant que la cause reste intacte.
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
Facture
Document qui constate une créance : ce qui est dû, par qui, pour quoi, à quelle échéance. Elle a une valeur juridique et fiscale, contrairement au devis et au bon de livraison.
Ce que ça cache : les obligations de facturation électronique et de format évoluent selon les pays et les calendriers réglementaires. Ne considérez jamais qu'un paramétrage hérité d'il y a quelques années est encore conforme : c'est un point à faire vérifier par votre conseil, pas à déduire du fait que le système accepte l'écriture.
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
Franco (franco de port)
Côté commercial. Seuil de commande à partir duquel le vendeur prend le transport à sa charge.
Ce que ça cache : un franco fixé une fois pour toutes et jamais révisé finit par faire livrer des petites commandes à perte, sans que personne ne le voie : le coût de transport est en charge générale, la marge affichée sur la commande reste bonne. Le franco est un paramètre commercial qui devrait se réexaminer aussi souvent que le tarif.
Le même mot a un autre sens dans le volet Transport, transit et douane.
G4 · 3. Points de vente, magasins et canaux de distribution
Fidélité (programme, points, carte)
Dispositif qui identifie le client en caisse et lui accorde un avantage différé en fonction de ses achats.
Ce que ça cache : la valeur d'un programme de fidélité n'est pas la remise consentie, c'est l'identification du client — sans elle, un point de vente ne sait rien de qui achète quoi. Mais l'avantage accordé est un engagement financier futur qui doit être provisionné et suivi comme tel, et non traité comme un simple compteur.
G4 · 4. Services, projets et chantiers
Forfait, régie, prix unitaire
Trois modes de contractualisation. Le forfait engage sur un résultat à prix fixe. La régie facture le temps réellement passé. Le prix unitaire facture des quantités réalisées à un barème.
Ce que ça cache : le mode choisi détermine qui porte le risque de dérive, et donc ce qu'il faut mesurer. En forfait, l'indicateur vital est le reste à faire ; en régie, c'est le temps saisi et accepté ; au prix unitaire, c'est le métré contradictoire. Beaucoup d'organisations pilotent les trois avec le même tableau de bord, et se trompent deux fois sur trois.
G
G1 · 5. Mesurer, et les systèmes qui mesurent
GMAO — gestion de maintenance assistée par ordinateur
Vue depuis l'entrepôt. Le système qui gère les équipements et leur entretien : parc, interventions correctives et préventives, pièces de rechange, coûts.
Ce que ça cache : dans un entrepôt, la GMAO concerne les engins et les installations, pas la marchandise. Son magasin de pièces obéit à une logique différente de celle du stock commercial : peu de mouvements, forte criticité, et une valeur qui ne dit rien de l'importance. On ne pilote pas un stock de pièces avec les règles d'un stock de vente.
La définition générale figure au volet Production et maintenance.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Géofencing (geofencing)
Définition d'une zone géographique virtuelle dont l'entrée ou la sortie d'un véhicule déclenche un événement daté.
Ce que ça cache : c'est le moyen le plus fiable de dater une arrivée sans rien demander au conducteur. Encore faut-il que les coordonnées des sites soient justes. Un point client saisi au centre de la ville plutôt qu'à la porte de l'usine produit des heures d'arrivée fausses et des indicateurs de ponctualité que plus personne ne croit.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Gerbabilité
Capacité d'une unité de manutention à supporter une autre unité posée dessus.
Ce que ça cache : un envoi déclaré gerbable qui ne l'est pas fait perdre au transporteur la moitié de son plancher, sans recours si rien n'a été écrit. C'est un détail de fiche produit qui vaut une ligne de grille tarifaire.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Groupage
Regroupement d'envois de plusieurs expéditeurs ou destinataires sur un même véhicule ou un même conteneur.
Ce que ça cache : le groupage transforme un problème de prix en problème de calcul. Tant qu'on ne sait pas ventiler les coûts réels d'un véhicule entre les envois qu'il porte, on sait qu'on gagne de l'argent sur la ligne — pas sur quel client.
G2 · 3. Prix, facturation, litiges
Grille tarifaire
Barème structurant le prix d'une prestation selon des critères : zone, poids, unité payante, type d'envoi, saison.
Ce que ça cache : une grille se périme sans prévenir. Les surcharges évoluent, les zones sont redécoupées, un client obtient une dérogation qui n'est écrite que dans un mail. Le symptôme classique : une grille officielle appliquée par le système, et deux exceptions par commercial appliquées à la main.
G3 · I. Le référentiel de fabrication : ce qu'on fabrique, et avec quoi
Gamme (gamme de fabrication · routing)
La suite ordonnée des opérations pour obtenir un article : à quel poste, dans quel ordre, avec quels temps de réglage et d'exécution. La nomenclature dit avec quoi ; la gamme dit comment.
Ce que ça cache : les temps de gamme sont, dans beaucoup d'ateliers, les temps du jour où la gamme a été créée. Ils ont ensuite servi à chiffrer des devis pendant des années sans jamais être confrontés au réalisé. Une gamme n'est pas un document technique, c'est une hypothèse de coût — et elle se vérifie.
G3 · II. Planifier, calculer les besoins, lancer
Goulot (goulet d'étranglement · bottleneck)
Le poste dont la capacité limite le débit de l'ensemble. Une heure perdue au goulot est perdue pour toute l'usine ; une heure gagnée ailleurs ne rapporte rien.
Ce que ça cache : le goulot se déplace. Il change avec le mix de produits, avec la saison, avec l'absence d'un opérateur habilité. Une organisation qui a optimisé son goulot il y a deux ans en a souvent un autre aujourd'hui, et continue à surveiller le premier. Le repérer ne demande pas de logiciel : c'est le poste devant lequel il y a toujours de l'attente.
G3 · III. Fabriquer, contrôler, tracer
Généalogie (de lot)
La reconstitution de l'arbre complet d'une fabrication : quels lots de matières et de composants ont formé quel lot de produit fini, à travers tous les niveaux.
Ce que ça cache : la généalogie ne s'improvise pas au moment où on en a besoin. Elle n'existe que si chaque déclaration de consommation a été rattachée à un lot précis, à chaque niveau, y compris pour les composants de faible valeur — l'emballage, l'étiquette, l'auxiliaire technologique. C'est souvent l'un de ces composants négligés qui fait l'objet du rappel.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
Gamme de maintenance (mode opératoire)
La description standard d'une intervention récurrente : les opérations dans l'ordre, les points de contrôle, les valeurs attendues, les pièces et consommables, l'outillage, les consignes de sécurité, la durée estimée.
Ce que ça cache : c'est la seule façon de rendre une intervention indépendante de la personne qui la fait. La première rédaction est fastidieuse et se fait presque toujours au mauvais moment — en atelier calme, de mémoire. La bonne méthode est plus lente et plus sûre : faire rédiger la gamme pendant l'intervention suivante, par celui qui l'exécute.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
GMAO — gestion de maintenance assistée par ordinateur (computerized maintenance management system, CMMS)
La définition générale. La catégorie de logiciels qui gère le patrimoine, les demandes et ordres de travail, les plans de maintenance, le stock de pièces, les coûts et l'historique des équipements.
Ce que ça cache : son apport le plus immédiat n'est ni la planification ni les indicateurs — c'est la mémoire. Savoir que la même panne s'est produite huit mois plus tôt et comment un collègue l'a résolue évite de recommencer le diagnostic depuis le début, et ce temps perdu ne se voit dans aucun tableau de bord parce qu'il est absorbé dans la durée normale d'intervention.
Et le préalable, qu'aucun outil ne fournit : l'arbre d'équipements. Sans lui, une GMAO devient un registre de tickets sans historique exploitable par machine. Nous préférons le dire avant la signature qu'après.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
GTB et GTC — gestion technique de bâtiment, gestion technique centralisée
Les systèmes qui supervisent en temps réel les installations techniques d'un bâtiment — énergie, climatisation, éclairage, accès, sécurité — et qui produisent des mesures et des alarmes.
Ce que ça cache : on les confond régulièrement avec une gestion de maintenance, et ce sont deux fonctions distinctes. La supervision mesure et alarme au moment où ça se passe ; la gestion de maintenance déclenche, planifie, impute et conserve. L'une alimente l'autre, aucune ne remplace l'autre. Une alarme sans intervention créée ne laisse aucune trace exploitable un an plus tard.
G4 · 4. Services, projets et chantiers
Gantt (diagramme de)
Représentation graphique d'un planning : les tâches en lignes, le temps en abscisse, les barres montrant durées et enchaînements.
Ce que ça cache : le Gantt imprimé en A3 et punaisé au mur cesse d'être vrai la deuxième semaine. Sa valeur n'est pas dans le dessin, elle est dans les dépendances qu'il oblige à déclarer — ce qui doit finir avant que telle chose commence. Si les liens ne sont pas saisis, on a un joli calendrier qui ne recalcule rien.
H
G1 · 1. Le bâtiment, les zones et les engins
Hayon
Défini dans le volet Transport, transit et douane — c'est là que le terme est chez lui.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Hayon
Plateforme élévatrice montée à l'arrière du véhicule, permettant de charger ou décharger sans quai.
Ce que ça cache : c'est une prestation, pas un équipement. Elle immobilise le véhicule plus longtemps, exige une aire de manœuvre praticable, et se retrouve rarement dans la commande alors qu'elle est presque toujours dans la grille tarifaire. Le hayon non commandé est l'un des surcoûts les plus systématiquement oubliés à la facturation.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Hub (plate-forme · agence)
Site où les envois sont dégroupés, retriés et regroupés vers leur destination finale.
Ce que ça cache : la performance d'un réseau de messagerie ne se joue pas sur la route mais sur l'heure de fermeture du tri. Une demi-heure de retard à l'arrivée d'une traction décale tout un plan de distribution du lendemain.
G3 · II. Planifier, calculer les besoins, lancer
Horizon figé
La période courte, à partir d'aujourd'hui, à l'intérieur de laquelle on s'interdit de modifier le plan. Au-delà, le plan reste ajustable.
Ce que ça cache : c'est une règle d'organisation, pas un paramètre logiciel — mais c'est le seul remède réel à la replanification permanente. Sans horizon figé écrit et respecté par la direction commerciale, l'atelier subit des changements le matin même et cesse de croire au plan. Le jour où il cesse d'y croire, il se remet à travailler à l'urgence, et toutes les données de planification perdent leur sens.
I
G1 · 4. Les dates, les états du stock et la fiabilité
Inventaire annuel
Le comptage général, souvent réalisé à l'arrêt de l'activité, qui sert à valoriser le stock à la clôture.
Ce que ça cache : c'est un exercice comptable, pas un outil d'exploitation. Il donne une photo juste un jour par an, et cette justesse se dégrade dès le lendemain. Une organisation qui ne compte qu'une fois par an ne sait pas si son stock est fiable ; elle sait seulement combien il valait ce jour-là.
G1 · 4. Les dates, les états du stock et la fiabilité
Inventaire permanent
Le principe selon lequel chaque mouvement met à jour le stock en temps réel, sans attendre un comptage.
Ce que ça cache : le mot est utilisé pour deux choses différentes. En comptabilité, il désigne une méthode de tenue des comptes. En exploitation, il désigne le fait que le système connaît le stock à l'instant t. Une entreprise peut parfaitement tenir un inventaire permanent comptable avec un stock physique inconnu. Demandez toujours de quel sens on parle.
G1 · 4. Les dates, les états du stock et la fiabilité
Inventaire tournant
Le comptage régulier de fractions du stock, réparti dans l'année, sans arrêt d'activité.
Ce que ça cache : son intérêt n'est pas d'éviter l'arrêt annuel — c'est de détecter les causes d'écart pendant qu'elles sont encore analysables. Compté le mois même, un écart peut être rapproché d'un mouvement précis. Compté onze mois plus tard, il ne peut plus qu'être corrigé. Il échoue presque toujours pour la même raison : personne n'a de temps dédié, on le fait « quand c'est calme », et ce n'est jamais calme. Le rendre tenable suppose de le confier à quelqu'un dont c'est la mission, avec un plan écrit.
G1 · 5. Mesurer, et les systèmes qui mesurent
Interfaçage, EDI, API
Les mécanismes par lesquels deux systèmes échangent. L'EDI — échange de données informatisé — désigne des messages normalisés entre partenaires, souvent asynchrones. Une API permet une interrogation directe, immédiate.
Ce que ça cache : le mot « interface » masque la seule question qui compte : que se passe-t-il quand le message est refusé. Un flux qui fonctionne dans les tests fonctionne toujours ; un flux en production tombe, et la manière dont l'erreur remonte à un humain décide de tout. Demandez à voir l'écran des rejets avant de signer, pas le schéma d'architecture.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Immobilisation (attente au chargement ou au déchargement)
Temps pendant lequel le véhicule et le conducteur sont retenus au-delà du temps prévu pour les opérations.
Ce que ça cache : presque tous les contrats prévoient une facturation de l'attente au-delà d'un seuil. Presque personne ne la facture, parce qu'elle n'est documentée nulle part au moment où elle se produit. Une attente non horodatée sur place est une attente perdue : trois jours plus tard, c'est la parole du conducteur contre celle du client.
G2 · 3. Prix, facturation, litiges
Indexation gazole (surcharge carburant)
Mécanisme contractuel faisant varier le prix du transport en fonction d'un indice de prix du carburant.
Ce que ça cache : son efficacité tient entièrement à la précision de la clause : indice de référence, périodicité, part du carburant dans le prix, délai d'application. Une clause vague n'est pas une protection, c'est un sujet de négociation trimestriel.
G2 · 5. International, douane et conteneur
Incoterm
Règle commerciale codifiée répartissant, entre vendeur et acheteur, les frais, les risques et certaines obligations liées à la livraison internationale.
Ce que ça cache : un incoterm ne règle ni le transfert de propriété, ni le mode de paiement, ni la loi applicable au contrat — trois choses qu'on lui prête constamment. Il ne dispense pas non plus d'écrire le lieu précis convenu : le même sigle sans le lieu ne veut rien dire. Et les versions se succèdent : préciser laquelle s'applique évite des débats entiers.
G3 · V. Mesurer, coûter, arbitrer
Imputation
Le rattachement d'une dépense — heure, pièce, prestation — à l'actif qui l'a consommée.
Ce que ça cache : c'est le geste le plus ingrat et le plus déterminant de la gestion de maintenance. Sans imputation, on connaît le total du poste maintenance et rien d'autre : on ne peut ni comparer deux machines, ni justifier un remplacement, ni évaluer un prestataire. Elle se joue au moment de la saisie, par des techniciens qui n'en verront jamais le bénéfice — ce qui explique la plupart des échecs. Leur montrer une fois par trimestre ce que l'imputation a permis de décider est le seul remède qui tienne.
G4 · 3. Points de vente, magasins et canaux de distribution
Inventaire magasin
Comptage physique du stock d'un point de vente, tournant sur des familles ou complet à date fixe.
Ce que ça cache : le point de vente compte rarement tout ce qu'il détient. La réserve derrière le rideau, le linéaire du fond, les articles en réparation, le carton non déballé sur le quai : chacun de ces emplacements est oublié au moins une fois par exercice. La procédure sérieuse commence par la liste des lieux à compter, pas par la liste des articles.
G4 · 5. Systèmes, données et conduite de projet
Interface (flux)
Liaison qui fait circuler des données entre deux systèmes, dans un sens ou dans les deux, selon un contenu et une fréquence définis.
Ce que ça cache : on parle d'interfaces au pluriel comme s'il s'agissait d'une seule chose, alors que chaque flux a son propre contrat — contenu, format, fréquence, comportement en cas d'erreur, personne responsable quand ça bloque. Ce dernier point est le plus souvent omis, et c'est celui qu'on regrette à trois heures du matin.
Technique de publication web : les pages d'un site sont pré-générées pour être servies instantanément, et régénérées automatiquement après un délai ou un signal, sans reconstruire le site entier. Elle concerne surtout les catalogues en ligne, où des milliers de fiches produits doivent rester rapides et néanmoins à jour.
Ce que ça cache : le mot revient dans la bouche des agences web sans que le commerçant sache ce qu'il implique. La conséquence concrète est simple : un changement de prix ou de disponibilité n'est pas forcément visible immédiatement en ligne. Le délai de rafraîchissement est un paramètre commercial déguisé en réglage technique — et il doit être connu de ceux qui promettent une disponibilité au client. Attention à l'homonymie : le même sigle désigne, en finance, l'investissement socialement responsable, qui n'a rien à voir.
J
G3 · II. Planifier, calculer les besoins, lancer
Jalonnement
Le positionnement dans le temps des opérations d'un ordre. Au plus tôt : on part de la date de lancement et on avance. Au plus tard : on part de la date de besoin et on remonte.
Ce que ça cache : le jalonnement au plus tard minimise l'encours et ne laisse aucune marge — le moindre aléa fait rater la date. Le jalonnement au plus tôt sécurise la date et gonfle l'encours. Il n'y a pas de bon choix universel : il y a un choix qu'il faut faire consciemment, produit par produit, plutôt que de subir le réglage par défaut.
G4 · 4. Services, projets et chantiers
Jalon (milestone)
Point de contrôle daté dans un projet, sans durée propre, marquant l'atteinte d'un état ou le déclenchement d'une décision.
Ce que ça cache : un jalon n'est utile que s'il conditionne quelque chose — un paiement, une autorisation de poursuivre, une livraison. Un jalon qu'on peut franchir sans que rien ne se passe, et sans que personne ne le constate, est un élément de décor.
K
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Kilomètre à vide
Distance parcourue sans marchandise à bord — retour, repositionnement, approche.
Ce que ça cache : c'est un indicateur qu'on peut améliorer artificiellement, en découpant autrement les missions plutôt qu'en roulant mieux. Regardez-le toujours à côté du taux de remplissage et du coût au kilomètre en charge, jamais seul.
G3 · I. Le référentiel de fabrication : ce qu'on fabrique, et avec quoi
Kit (nomenclature de kit)
Un assemblage de composants livré ensemble, sans transformation. On le distingue d'un produit fabriqué : il n'y a pas de gamme, seulement un rassemblement.
Ce que ça cache : la frontière entre kit et produit fabriqué est plus floue qu'il n'y paraît, et elle se déplace. Un kit constitué à la préparation de commande relève de la logistique ; le même kit constitué à l'avance, en lot, avec un contrôle et un numéro de lot, relève de la production. Le même mot, deux organisations différentes.
G3 · II. Planifier, calculer les besoins, lancer
Kanban
Un mécanisme de flux tiré : un signal — étiquette, bac vide, emplacement libre — déclenche le réapprovisionnement d'une quantité fixe. Le nombre de signaux en circulation plafonne l'encours.
Ce que ça cache : le kanban est souvent présenté comme une méthode d'informatisation. C'est le contraire : il fonctionne sans système, et un kanban physique bien tenu bat un kanban informatisé mal compris. Ce qu'il exige, en revanche, est difficile : une consommation régulière et des temps de changement de série courts. Sur une production erratique, il ne tient pas.
L
G1 · 2. L'article, l'unité de charge et l'identification
Lot
Un ensemble d'unités produites ou reçues dans des conditions homogènes, identifié par un numéro. C'est la maille de rappel : si un problème apparaît, c'est un lot qu'on isole.
Ce que ça cache : beaucoup d'organisations croient gérer le lot parce que le numéro figure sur les documents de réception. Gérer le lot signifie autre chose : savoir, pour chaque unité en stock et pour chaque unité déjà expédiée, à quel lot elle appartient et chez qui elle est partie. Entre les deux, il y a tout le travail.
G1 · 3. Les flux : de la réception à l'expédition
Litige de réception (réserve)
La constatation, au moment de la réception, d'un écart ou d'un dommage : manquant, casse, palette non conforme, température non tenue.
Ce que ça cache : une réserve n'a de valeur que si elle est écrite au moment de la réception, précise, et transmise dans le délai prévu au contrat. Une réserve générale du type « sous réserve de déballage » protège rarement autant qu'on le croit. Le sujet est contractuel et documentaire avant d'être informatique : le rôle du système est de rendre la réserve facile à produire au bon moment, pas de la remplacer.
G1 · 4. Les dates, les états du stock et la fiabilité
LIFO — Last In, First Out, dernier entré, premier sorti
La règle qui fait sortir en premier ce qui vient d'entrer.
Ce que ça cache : presque personne ne choisit le LIFO. On le subit, parce que la structure de stockage l'impose : dans une rangée compacte accessible d'un seul côté, la dernière palette posée est la première reprise. C'est un cas où l'organisation physique décide de la règle de gestion, et non l'inverse.
G1 · 5. Mesurer, et les systèmes qui mesurent
Ligne de commande
Une référence et une quantité au sein d'une commande. C'est l'unité de mesure naturelle de la charge de préparation.
Ce que ça cache : compter les commandes ne dit rien de la charge : une commande d'une ligne et une commande de cinquante lignes se ressemblent dans un tableau de bord et n'ont rien à voir dans l'entrepôt. La productivité de préparation se mesure en lignes par heure — et cet indicateur ne se compare qu'à lui-même, dans le temps, chez vous. Comparer sa productivité à celle d'un autre entrepôt n'a pas de sens : ni les produits, ni les distances, ni les modes de préparation ne sont les mêmes.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Lot · demi-lot
Un lot désigne un envoi suffisamment volumineux pour justifier un traitement dédié ; le demi-lot, un envoi intermédiaire entre la messagerie et le lot complet.
Ce que ça cache : aucune de ces frontières n'est universelle. Elles se définissent maison par maison, en poids, en mètres de plancher ou en palettes, et elles conditionnent la grille tarifaire. Quand deux entreprises comparent leurs prix « au demi-lot », elles comparent souvent deux prestations différentes.
G2 · 3. Prix, facturation, litiges
Litige
Contestation portant sur l'exécution d'une prestation : manquant, avarie, retard, prestation non conforme.
Ce que ça cache : un litige de transport se gagne dans les jours qui suivent, avec un document lisible et une réserve précise faite au bon moment. Passé quelques semaines, il ne se gagne plus : il se négocie commercialement. Le délai de mise à disposition de la preuve est donc, en pratique, le principal déterminant du taux de litiges perdus.
G2 · 4. Documents et preuves
Lettre de voiture (et bon de livraison)
La lettre de voiture est le document contractuel du transport routier : elle identifie les parties, la marchandise, les conditions, et reçoit les mentions faites au chargement et à la livraison. Le bon de livraison, lui, est le document de l'expéditeur qui décrit ce qui est vendu.
Ce que ça cache : les deux pièces portent souvent le même nom dans la bouche des équipes — « le BL » — et ce ne sont pas les mêmes. L'une décrit ce qui est vendu, l'autre ce qui est transporté et sous quelles conditions. Et c'est la seconde qui porte les réserves : sa valeur ne tient pas à son existence mais à ce qui y est écrit au moment de la remise, puis à la vitesse à laquelle elle revient à l'exploitation.
G2 · 4. Documents et preuves
Liste de colisage (packing list)
État détaillé du contenu d'un envoi : colis, poids, dimensions, marquage.
Ce que ça cache : c'est la seule pièce qui permette de vérifier un manquant colis par colis.
Quand elle est absente ou générique, un litige sur quantité devient indémontrable des deux côtés.
G2 · 4. Documents et preuves
LTA (lettre de transport aérien · Air Waybill · AWB)
Document du transport aérien : contrat et reçu de la marchandise.
Ce que ça cache : contrairement au connaissement maritime négociable, la LTA n'est pas un titre représentatif de la marchandise. Le destinataire désigné retire sans avoir à présenter un original — ce qui change complètement la sécurisation du paiement dans une vente internationale.
G3 · II. Planifier, calculer les besoins, lancer
Lancement
L'acte de transformer un ordre de fabrication planifié en travail réellement engagé : réservation ou sortie de matière, édition des documents, mise à disposition au poste.
Ce que ça cache : le lancement est le moment où le plan rencontre l'atelier, et où l'on découvre ce qui manque. Une organisation qui lance sans vérifier la disponibilité complète des composants crée des ordres qui s'arrêtent au deuxième poste, occupent de la place et faussent l'encours. Le contrôle de complétude avant lancement coûte peu et évite beaucoup.
G3 · III. Fabriquer, contrôler, tracer
Lot de fabrication
Un ensemble d'unités produites dans des conditions considérées comme homogènes, identifié par un numéro qui suivra le produit jusqu'à sa destination.
Ce que ça cache : la règle de constitution du lot est un arbitrage économique déguisé en règle technique. Un lot large simplifie la production et élargit le périmètre d'un éventuel rappel ; un lot étroit multiplie les enregistrements et réduit l'exposition. Cette règle doit être écrite, datée, et revue quand le produit ou le marché change.
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
Lettrage
Opération qui rapproche un règlement des factures qu'il solde, ligne à ligne, dans le compte du client.
Ce que ça cache : dans presque tous les comptes clients anciens traînent quelques écarts de faible montant — un centime d'arrondi, un frais bancaire, un demi-carton avoiré — que personne n'ose solder parce que personne n'est sûr de leur origine. Ils faussent l'âge de la balance et polluent les relances. Solder ces reliquats est une décision de direction financière, pas un travail de comptable.
G4 · 2. Vente, relation client et animation du terrain
Lead, prospect, suspect
Un lead est un contact entrant non qualifié. Un prospect est un contact dont on a vérifié qu'il correspond à la cible et qu'il a un besoin. Le mot suspect, encore employé dans certains services, désigne l'étape intermédiaire.
Ce que ça cache : les entreprises qui se plaignent d'un mauvais taux de transformation comptent souvent des leads bruts au numérateur d'un ratio dont le dénominateur ne contient que des affaires qualifiées. Le ratio n'a alors aucun sens. Définissez d'abord le point exact où un contact devient une affaire.
G4 · 4. Services, projets et chantiers
Livrable
Élément concret remis au client à une échéance : document, ouvrage, mise en service, formation.
Ce que ça cache : un livrable sans critère d'acceptation écrit sera contesté. La phrase qui sauve les projets tient en une ligne dans le contrat : à quoi reconnaîtra-t-on que ce livrable est conforme, et qui le prononce.
M
G1 · 1. Le bâtiment, les zones et les engins
Mezzanine
Un plancher intermédiaire construit dans la hauteur du bâtiment, pour gagner de la surface exploitable.
Ce que ça cache : deux chiffres décident de tout, et personne ne les a sous la main le jour de la réunion : la charge admissible au mètre carré, et le moyen de faire monter et descendre les marchandises. Une mezzanine sans monte-charge dimensionné devient une zone où l'on stocke ce qui bouge peu — ce qui est rarement ce qu'on avait prévu d'y mettre.
G1 · 1. Le bâtiment, les zones et les engins
MHE — Material Handling Equipment, matériel de manutention
L'ensemble des équipements qui déplacent la marchandise : chariots, transpalettes, convoyeurs, transstockeurs, tables élévatrices.
Ce que ça cache : le sigle circule surtout en anglais, dans les documents de groupe et les appels d'offres internationaux. En français on dit « les engins » ou « le matériel de manutention ». Si votre interlocuteur dit MHE, il vient probablement d'un contexte anglophone ou d'un grand compte — l'information est utile pour la suite de la conversation.
G1 · 3. Les flux : de la réception à l'expédition
Mise en stock (rangement)
L'opération qui amène la marchandise reçue et contrôlée jusqu'à son emplacement de stockage.
Ce que ça cache : c'est l'étape où se joue tout le reste. Une mise en stock non enregistrée au moment où elle a lieu produit un stock juste en quantité et faux en localisation — le pire des deux mondes, parce que le total est bon et que personne ne cherche l'erreur. Le rangement doit être confirmé à l'emplacement, pas au retour dans le bureau.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Messagerie
Organisation de transport d'envois de faible volume, avec passage par un ou plusieurs hubs, selon un plan de transport cadencé.
Ce que ça cache : la messagerie est un métier de réseau, pas de camion. Ce qui la distingue, c'est que la promesse client dépend d'une chaîne de correspondances : chaque envoi traverse des sites, des tris et des changements de responsabilité. C'est pourquoi une avarie en messagerie est si difficile à imputer.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Mètre de plancher (mètre de chargement)
Unité de mesure d'un envoi correspondant à la longueur qu'il occupe sur toute la largeur du plancher du véhicule.
Ce que ça cache : c'est la seule mesure qui reflète ce que le transporteur perd réellement — de la place. Un envoi léger et non gerbable consomme du plancher exactement comme un envoi lourd. Facturer au poids une marchandise volumineuse revient à vendre à perte poliment.
G2 · 4. Documents et preuves
Manifeste
État récapitulatif des marchandises transportées par un même moyen de transport.
Ce que ça cache : c'est le document par lequel les autorités connaissent l'arrivée. Un écart entre le manifeste et la réalité physique se règle par des procédures spécifiques, pas par un appel téléphonique.
G2 · 5. International, douane et conteneur
Magasinage
Frais de stockage de la marchandise dans une installation sous contrôle douanier ou portuaire, en attente de son enlèvement.
Ce que ça cache : magasinage, demurrage et détention se cumulent volontiers sur un même dossier bloqué, et proviennent de trois émetteurs différents. C'est pourquoi un dossier en souffrance coûte beaucoup plus vite que son responsable ne l'imagine.
G2 · 5. International, douane et conteneur
Mainlevée
Décision autorisant l'opérateur à disposer de sa marchandise.
Ce que ça cache : obtenir la mainlevée douanière ne suffit pas à sortir la marchandise : il faut aussi que les frais du terminal, de la compagnie et du magasin soient réglés, et que le document de transport ait été libéré. Trois autorisations distinctes, trois interlocuteurs, et un seul mot employé pour les désigner toutes.
G2 · 5. International, douane et conteneur
MEAD (magasin et aire de dédouanement)
Installation agréée où des marchandises peuvent être placées sous contrôle douanier en attente de leur dédouanement.
Ce que ça cache : c'est un entrepôt et un poste douanier à la fois. Ses contraintes ne sont pas celles d'un entrepôt classique : statuts douaniers par contenant, souffrances, durées de séjour, facturation du magasinage, inventaires opposables. Un système d'entreposage qui ignore la dimension douanière ne suffit pas ; un système douanier qui ignore l'emplacement physique non plus.
G3 · I. Le référentiel de fabrication : ce qu'on fabrique, et avec quoi
Matière première, semi-fini, produit fini (MP · PSF · PF)
Les trois états d'un flux de fabrication : ce qui entre, ce qui est en cours de transformation et stockable, ce qui sort et se vend.
Ce que ça cache : un semi-fini n'existe dans le système que si quelqu'un a décidé qu'il devait exister. Le déclarer permet de le stocker, de le tracer, de le vendre le cas échéant — et oblige à une déclaration de production supplémentaire à l'atelier. Trop de niveaux de semi-finis étouffent la saisie ; trop peu rendent l'encours invisible. C'est un arbitrage, pas une règle.
G3 · III. Fabriquer, contrôler, tracer
MES — manufacturing execution system (système d'exécution de la production)
La catégorie de logiciels qui pilote l'exécution à l'atelier : ordonnancement fin, suivi temps réel des postes, déclarations, collecte automatique auprès des machines, indicateurs de performance. Il se situe entre l'ERP, qui gère les ordres et les stocks, et les automates.
Ce que ça cache : la frontière entre ERP et MES n'est pas standard, et chaque éditeur la place où son produit s'arrête. La question utile n'est donc pas « faut-il un MES » mais « qui porte l'ordonnancement fin, qui porte la déclaration au poste, qui porte la collecte machine » — trois responsabilités à attribuer explicitement, quel que soit le nombre d'outils.
Et une remarque que notre métier n'a pas intérêt à faire : un MES installé sur des gammes fausses et des nomenclatures approximatives produit des indicateurs précis sur des données fausses. Il vaut mieux passer six mois à fiabiliser le référentiel qu'à comparer des offres.
G3 · III. Fabriquer, contrôler, tracer
Micro-arrêt
Un arrêt de très courte durée, répété : un bourrage, une pièce mal présentée, un capteur qui déclenche. Trop bref pour qu'on ouvre une demande d'intervention, assez fréquent pour peser lourd.
Ce que ça cache : c'est la perte la moins visible et la plus régulière d'une ligne. Elle n'apparaît dans aucun historique de panne parce que personne ne la déclare — l'opérateur débloque et repart, c'est devenu un geste du métier. Elle n'apparaît que dans l'écart entre la cadence théorique et la cadence constatée, c'est-à-dire dans le taux de performance du TRS.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
Magasin de pièces (stock de rechange)
Le stock des pièces et consommables nécessaires aux interventions, avec ses emplacements, ses seuils, ses mouvements et sa valorisation.
Ce que ça cache : ce n'est pas un entrepôt, et il ne faut pas le gérer comme tel. Sa rotation est faible par construction, ses articles sont souvent dormants pendant des années, et sa valeur ne se juge pas au taux de rotation mais à la capacité à disposer de la bonne pièce le jour de l'arrêt. Le piège inverse existe aussi : un magasin non tenu, où l'on trouve six pièces d'un modèle abandonné et zéro de celle qui bloque la ligne.
Le détail qui révèle un magasin non tenu : les pièces sorties « en urgence » sans mouvement enregistré, régularisées lors de l'inventaire annuel sans qu'on sache sur quel équipement elles sont parties.
G3 · V. Mesurer, coûter, arbitrer
Maintenabilité
L'aptitude d'un équipement à être remis en état rapidement : accessibilité des organes, disponibilité de la documentation, standardisation des pièces, existence d'une gamme.
Ce que ça cache : elle se décide à l'achat et à l'installation, presque jamais après. Une machine plaquée contre un mur, dont le carter arrière ne s'ouvre qu'en démontant un convoyeur, coûtera des heures d'intervention pendant toute sa vie — et ce coût n'apparaîtra jamais comme un coût d'implantation. Faire intervenir la maintenance dans les décisions d'implantation coûte une réunion.
G3 · V. Mesurer, coûter, arbitrer
MTBF — mean time between failures (temps moyen entre défaillances)
La durée moyenne de bon fonctionnement entre deux défaillances d'un équipement réparable. Indicateur de fiabilité.
Ce que ça cache : une moyenne écrase la réalité qu'on cherche. Un MTBF confortable peut recouvrir une machine qui ne tombe jamais en panne et une autre qui tombe toutes les semaines, si on les a agrégées. Il se lit par équipement, sur une période où la charge n'a pas changé, et il ne veut rien dire tant que la définition de « défaillance » n'est pas écrite — le micro-arrêt en fait-il partie ?
G3 · V. Mesurer, coûter, arbitrer
MTTR — mean time to repair (temps moyen de réparation)
La durée moyenne pour remettre en service après défaillance. Indicateur de maintenabilité.
Ce que ça cache : tout dépend de ce qu'on met dedans. Le temps de réparation seul, ou le temps depuis l'apparition de la panne — délai d'appel, de déplacement, d'attente de pièce compris ? Les deux mesures ont un sens, mais seule la seconde correspond à ce que subit la production. Beaucoup d'organisations publient la première et croient parler de la seconde.
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
Marge brute, marge nette
La marge brute est l'écart entre le prix de vente et le coût d'achat ou de revient de ce qui est vendu. La marge nette déduit en plus les charges affectables — transport, remises arrière, coût de service, commissions.
Ce que ça cache : quand deux services annoncent des marges différentes sur la même vente, ils ont raison tous les deux : ils ne déduisent pas les mêmes choses. Avant tout tableau de bord commercial, il faut écrire noir sur blanc ce qui entre dans le coût — et notamment si le transport, la remise de fin d'année et le coût des retours en font partie.
G4 · 3. Points de vente, magasins et canaux de distribution
Marketplace (place de marché)
Plateforme tierce sur laquelle on vend ses produits, en gérant soi-même l'offre, le stock exposé et, selon le modèle, la livraison.
Ce que ça cache : vendre sur une place de marché ajoute un canal avec ses propres règles de délai, de retour et de pénalité — donc une contrainte d'exécution, pas seulement un débouché commercial. Le risque le plus courant est la survente : le stock exposé n'est pas rafraîchi à la même cadence que les ventes en magasin.
G4 · 5. Systèmes, données et conduite de projet
MDM (Master Data Management · gestion des données de référence)
Discipline et outillage qui organisent la création, la validation et la diffusion des données partagées entre plusieurs systèmes : articles, tiers, structures.
Ce que ça cache : le MDM est d'abord une question de gouvernance : qui a le droit de créer une référence, qui valide, dans quel délai. Installer un outil sans avoir nommé ces responsables ne fait que déplacer le désordre. Beaucoup d'organisations n'ont pas besoin d'un outil de MDM ; elles ont besoin d'une personne dont c'est le travail.
G4 · 5. Systèmes, données et conduite de projet
Mise en production (bascule, démarrage · go-live)
Moment où le nouveau système devient le système de travail réel.
Ce que ça cache : la bascule ne se juge pas sur la journée elle-même mais sur les semaines qui la précèdent — arrêt des saisies dans l'ancien outil, gel du paramétrage, dernière reprise des soldes, plan de repli. Et sur une décision rarement prise à froid : à quelles conditions renonce-t-on et revient-on en arrière. Écrire ces conditions avant la bascule évite de les improviser sous pression.
N
G1 · 2. L'article, l'unité de charge et l'identification
Numéro de série
Un identifiant propre à une unité, et à une seule. Là où le lot regroupe, la série individualise.
Ce que ça cache : la série coûte cher en saisie et se justifie par l'après-vente, la garantie ou l'obligation de suivi — pas par principe. Décider de sérialiser une référence à faible valeur parce que « c'est plus rigoureux » revient à ajouter un geste à chaque mouvement pour une information que personne ne consultera.
Système de classement des marchandises qui détermine le traitement tarifaire et les mesures applicables.
Ce que ça cache : classer est une décision d'expert, pas une recherche dans un tableau.
Deux articles quasi identiques peuvent relever de positions différentes selon leur matière ou leur usage. Et le tableau de correspondance entre les références articles de l'entreprise et les positions tarifaires est, dans presque toutes les maisons, un fichier que plus personne ne maintient depuis le départ de celui qui l'avait construit.
G3 · I. Le référentiel de fabrication : ce qu'on fabrique, et avec quoi
Nomenclature (bill of materials, BOM)
La liste structurée des composants et quantités nécessaires à un article, niveau par niveau. Socle du calcul des besoins, du coût de revient et de la traçabilité.
Ce que ça cache : presque toutes les nomenclatures d'un atelier qui tourne depuis des années sont partiellement fausses. Pas par négligence : parce qu'une modification technique a été appliquée à la machine sans être répercutée dans le document, parce qu'un composant a été remplacé par un équivalent qui n'a jamais été enregistré, parce que la vraie quantité consommée inclut une chute que personne n'a formalisée. Vérifier une nomenclature ne se fait pas devant un écran — cela se fait au poste, avec la personne qui monte la pièce.
G3 · II. Planifier, calculer les besoins, lancer
Nervosité (du calcul des besoins)
La tendance d'un calcul des besoins à modifier ses propositions à chaque exécution — dates avancées puis reculées, quantités révisées — sous l'effet de variations mineures de la demande.
Ce que ça cache : c'est le terme que les praticiens connaissent et que les brochures ignorent. Une nervosité excessive détruit la confiance : au bout de quelques semaines, les acheteurs cessent de suivre les propositions et repassent à leur propre feuille de calcul. Les remèdes existent — horizon figé, ordres fermes, seuils de replanification — et ils relèvent du paramétrage, pas d'un défaut du produit.
L'enregistrement formel d'un écart entre ce qui est obtenu et ce qui est spécifié : produit, processus, ou document. Il porte la description, l'analyse, la décision de traitement et son résultat.
Ce que ça cache : une baisse du nombre de non-conformités déclarées est presque toujours interprétée comme une amélioration. C'est parfois l'inverse : les gens ont cessé de déclarer, parce que la déclaration prend du temps et attire des ennuis. Un indicateur de non-conformités ne se lit jamais seul — il se lit à côté des retours clients et des retouches.
G3 · III. Fabriquer, contrôler, tracer
Numéro de série
Défini dans le volet Entrepôt et stocks — c'est là que le terme est chez lui.
O
G1 · 3. Les flux : de la réception à l'expédition
Opérations à valeur ajoutée
Tout ce qu'on fait à la marchandise au-delà du stockage et du transit : reconditionnement, étiquetage, assemblage de kits, co-packing, mise en promotion.
Ce que ça cache : ces opérations consomment du personnel, de la surface et du temps, et elles sont presque toujours mal facturées quand elles sont réalisées pour un tiers — parce qu'elles s'improvisent et qu'on ne les mesure pas. Chez un prestataire, c'est souvent la partie de l'activité qui pèse le plus sur la marge sans apparaître nulle part.
G1 · 5. Mesurer, et les systèmes qui mesurent
OMS — Order Management System, gestion des commandes
Le système qui reçoit les commandes de tous les canaux, décide où et comment les servir, et suit leur exécution.
Ce que ça cache : l'OMS devient utile quand plusieurs sources de stock peuvent servir la même commande — un entrepôt, des magasins, un fournisseur en direct. Avec un seul point de stock, sa fonction est absorbée par l'ERP ou le WMS. Le sujet apparaît généralement avec la vente en ligne, et il est d'abord une question de règles d'arbitrage, pas de logiciel.
G1 · 5. Mesurer, et les systèmes qui mesurent
OTIF — On Time In Full, à l'heure et complet
Un indicateur de service qui ne compte comme réussie qu'une livraison à la fois complète et dans le délai.
Ce que ça cache : sa dureté est sa qualité. Il refuse la compensation entre les deux dimensions : livrer vite et incomplet ne rattrape pas. Il oblige aussi à définir « à l'heure » par rapport à quoi — la date promise au client, ou la date recalculée après la première replanification. Selon la réponse, le même mois donne deux résultats très éloignés.
G2 · 1. Qui fait quoi : acteurs, rôles et engagements
Organisateur de transport (4PL)
Acteur qui pilote la chaîne transport d'un client sans posséder de moyens : il sélectionne, coordonne et rend compte.
Ce que ça cache : le modèle ne tient que si l'organisateur a accès aux données d'exécution de tous les intervenants. Sans cela, il vend de la coordination et livre du reporting déclaratif.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Ordre de transport (OT)
Instruction formalisée demandant l'exécution d'un transport : origine, destination, marchandise, dates, contraintes, prix ou grille applicable.
Ce que ça cache : dans beaucoup d'exploitations, l'ordre de transport n'existe pas en tant qu'objet. Il y a un mail, un appel, une ligne dans un tableur. Le jour du litige, il n'existe aucune version de référence de ce qui avait été demandé — et la discussion porte alors sur les souvenirs.
G3 · II. Planifier, calculer les besoins, lancer
Ordonnancement (scheduling)
Le séquencement fin des opérations sur chaque poste, à l'échelle de la journée ou de la semaine : qui passe avant quoi, sur quelle machine, avec quel réglage.
Ce que ça cache : dans un grand nombre d'ateliers, l'ordonnancement réside dans la tête d'une seule personne, qui l'exécute très bien. Le sujet du projet informatique n'est alors pas la performance — elle est déjà là — mais la continuité : ce savoir n'est écrit nulle part et disparaît avec son départ ou son congé. C'est un argument souvent plus solide que le gain de productivité, et plus honnête.
G3 · II. Planifier, calculer les besoins, lancer
Ordre de fabrication (OF · work order, production order)
Le document qui matérialise une fabrication à réaliser : quel article, quelle quantité, selon quelle nomenclature et quelle gamme, pour quelle date. Il porte les consommations et les déclarations, et sert de support au coût réel.
Ce que ça cache : en maintenance, le mot « ordre de travail » désigne autre chose et ne se confond pas avec l'ordre de fabrication. Quand les deux domaines partagent un même système, cette homonymie provoque des malentendus durables dans les spécifications.
G3 · II. Planifier, calculer les besoins, lancer
Ordre planifié et ordre ferme
Un ordre planifié est une proposition du calcul, recalculée et remplacée à chaque exécution. Un ordre ferme a été validé par quelqu'un : le calcul en tient compte mais ne le modifie plus.
Ce que ça cache : la frontière entre les deux est une frontière de responsabilité, pas une subtilité technique. Fermer un ordre, c'est dire « celui-là, je l'assume ». Une organisation qui ferme tout perd le bénéfice du calcul ; une organisation qui ne ferme rien subit la nervosité.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
Ordre de travail (OT · work order)
L'objet qui porte une intervention de maintenance de bout en bout : l'équipement concerné, la nature du travail, sa priorité, les ressources affectées, les temps passés, les pièces consommées, le compte rendu, et le coût.
Ce que ça cache : l'ordre de travail est à la maintenance ce que l'ordre de fabrication est à la production, et ce sont deux objets différents qu'un même système peut porter — d'où des confusions durables dans les cahiers des charges. Sa valeur tient entièrement au compte rendu, et un compte rendu se saisit devant la machine. Rédigé trois jours plus tard de mémoire dans un bureau, il est vide : « intervention effectuée, machine remise en service ». Cette phrase-là n'a jamais aidé personne.
G4 · 2. Vente, relation client et animation du terrain
Objectif commercial
Cible assignée à un vendeur, une agence ou une zone, sur une période : chiffre d'affaires, marge, volume, nombre de comptes ouverts.
Ce que ça cache : un objectif sur une seule dimension est toujours contourné par la dimension oubliée. Un objectif de chiffre pur s'atteint par la remise ; un objectif de marge pure s'atteint en désertant les gros volumes. Le contrepoids doit être explicite, sinon il sera implicite et mal compris.
G4 · 2. Vente, relation client et animation du terrain
Opportunité (affaire)
Vente potentielle identifiée, avec un montant estimé, une échéance probable et une étape d'avancement.
Ce que ça cache : la « probabilité » attachée à une opportunité n'a de valeur que si elle découle mécaniquement de l'étape, et non de l'humeur du commercial. Une probabilité saisie à la main devient rapidement un instrument de négociation interne, pas une prévision.
G4 · 3. Points de vente, magasins et canaux de distribution
Omnicanal (multicanal, cross-canal)
Trois mots pour trois maturités différentes, souvent employés l'un pour l'autre. Multicanal : plusieurs canaux qui coexistent, chacun avec son stock et ses règles. Cross-canal : des passerelles entre eux, comme le retrait en magasin. Omnicanal : un stock, un client et un prix cohérents quel que soit le point d'entrée.
Ce que ça cache : l'omnicanal se présente comme un sujet de marketing et se règle dans l'arrière-boutique. Il suppose une identification unique du client, un stock unifié, une politique tarifaire assumée entre canaux, et un magasin qui accepte que sa vente parte au compteur d'un autre. Le dernier point est le plus difficile, et il ne se résout par aucun logiciel : c'est une règle d'intéressement à réécrire.
G4 · 3. Points de vente, magasins et canaux de distribution
OMS (Order Management System · système de gestion des commandes)
Système qui reçoit les commandes de tous les canaux et décide, pour chacune, d'où elle sera servie et comment.
Ce que ça cache : l'OMS n'est utile qu'à partir du moment où il existe plusieurs points d'exécution possibles pour une même commande. Avec un seul entrepôt et aucun magasin expéditeur, la fonction se réduit à une file d'attente que l'ERP tient déjà. Beaucoup d'entreprises cherchent un OMS alors qu'elles ont un problème de stock unifié.
G4 · 5. Systèmes, données et conduite de projet
On-premise (sur site, hébergement interne)
Le logiciel s'exécute sur des serveurs dont l'entreprise a la maîtrise, dans ses locaux ou dans un centre de données qu'elle loue.
Ce que ça cache : le débat porté sur le coût est mal posé. La vraie différence est la charge d'exploitation — sauvegardes vérifiées, restaurations testées, montées de version, sécurité, disponibilité — et la question à se poser est : ai-je, dans la durée, les personnes pour l'assumer ? Une infrastructure interne sans compétence interne est le pire des deux mondes.
P
G1 · 1. Le bâtiment, les zones et les engins
Palettier
Le rayonnage à palettes : des échelles verticales, des lisses horizontales, et entre deux lisses une alvéole qui reçoit une ou plusieurs palettes.
Ce que ça cache : un palettier se dimensionne sur la palette qu'on y met aujourd'hui. Le jour où un fournisseur change son carton et gagne quelques centimètres en hauteur, la palette ne rentre plus dans le niveau prévu, et on la range ailleurs. Ce genre de dérive ne se voit dans aucun tableau de bord ; elle se voit en marchant dans les allées.
La hauteur utile — la hauteur réellement exploitable sous les obstacles techniques, sprinklers et éclairage compris — n'est jamais la hauteur du bâtiment annoncée dans le bail.
G1 · 1. Le bâtiment, les zones et les engins
Plateforme
Un site conçu pour faire transiter plutôt que pour stocker : beaucoup de quais, peu de hauteur, des surfaces de tri.
Ce que ça cache : entrepôt et plateforme s'opposent dans leur économie. L'entrepôt cherche à remplir. La plateforme cherche à vider. Confier une activité de transit à un site conçu pour stocker, c'est accepter des ruptures de charge inutiles ; l'inverse produit des allées encombrées de marchandises qui n'auraient jamais dû s'y attarder.
G1 · 1. Le bâtiment, les zones et les engins
Préparateur de commandes
Selon le contexte, la personne qui prélève, ou l'engin sur lequel elle monte avec sa palette.
Ce que ça cache : au-delà de l'ambiguïté du mot, une réalité qu'on sous-estime au cadrage. Le préparateur expérimenté — celui qui a huit ans de maison et qui sait où sont les choses même quand le système se trompe — est ce qui fait tenir beaucoup d'entrepôts. C'est aussi ce qui rend un projet difficile : on lui demande de suivre des instructions qui, au début, seront moins bonnes que son propre jugement. Si personne ne lui explique pourquoi, il aura raison de résister, et il aura les moyens de le faire.
G1 · 2. L'article, l'unité de charge et l'identification
Palette
Le support de manutention le plus répandu. On distingue la palette d'échange, standardisée entre professionnels et reprise contre une autre, et la palette perdue, qui part avec la marchandise.
Ce que ça cache : les palettes d'échange constituent un stock à part entière, avec ses écarts, ses litiges et ses dettes croisées entre partenaires. Peu d'entreprises tiennent ce compte. Elles s'en aperçoivent le jour où un transporteur réclame un solde que personne n'est en mesure de contester. Les conditions d'échange et de reprise se négocient au contrat ; après, elles se subissent.
G1 · 2. L'article, l'unité de charge et l'identification
Poids variable
Le cas où la quantité facturée ne se déduit pas du nombre de colis : une caisse de viande, un fromage, une bobine, une barre coupée.
Ce que ça cache : deux quantités coexistent alors — le nombre de pièces et le poids réel — et il faut décider laquelle pilote le stock, laquelle pilote la facture, et où se fait la pesée. Un entrepôt qui n'a pas tranché cette question au démarrage la traitera par des corrections manuelles pendant des années. Sujet fréquent dans l'agroalimentaire, et systématiquement sous-estimé au cadrage.
G1 · 3. Les flux : de la réception à l'expédition
Pick and pack
La préparation où l'on prélève directement dans le colis d'expédition, sans étape d'emballage séparée.
Ce que ça cache : l'organisation est élégante et convient aux commandes de détail légères. Elle suppose de choisir le bon carton avant de commencer à prélever, donc de savoir estimer le volume de la commande. Une estimation approximative produit soit du vide qu'on transporte, soit un reconditionnement en fin de ligne — c'est-à-dire l'étape qu'on voulait supprimer.
G1 · 3. Les flux : de la réception à l'expédition
Prélèvement (picking)
Le geste de retirer du stock la quantité demandée pour une commande. En français, le terme exact est prélèvement. Sur le terrain, tout le monde dit picking.
Ce que ça cache : « picking » désigne indifféremment le geste, la zone et la ligne à préparer, et c'est la principale source d'ambiguïté dans les réunions de projet. Prenez l'habitude de dire lequel des trois vous visez. Le prélèvement représente par ailleurs la majeure partie du temps de main-d'œuvre d'un entrepôt de détail, et la majeure partie de ce temps est du déplacement, pas de la manipulation.
G1 · 3. Les flux : de la réception à l'expédition
Préparation dirigée
Le mode où le système impose l'ordre des opérations et l'emplacement à servir, au lieu de laisser l'opérateur choisir.
Ce que ça cache : la préparation dirigée n'est pas d'abord un gain de temps, c'est un gain de contrôle : elle permet d'imposer une règle de sortie par date ou par lot, ce qu'aucune consigne orale ne garantit durablement. Le gain de productivité vient après, et il dépend entièrement de la qualité des données de localisation. Diriger un préparateur vers un emplacement où la marchandise n'est pas, c'est lui apprendre à ignorer le système.
G1 · 3. Les flux : de la réception à l'expédition
Préparation multi-commandes
Le prélèvement de plusieurs commandes en un seul parcours, avec répartition ensuite — soit au fil de l'eau dans des bacs séparés, soit lors d'un éclatement en fin de tournée.
Ce que ça cache : on gagne du déplacement et on ajoute un risque : celui de mettre le bon article dans la mauvaise commande. Ce risque se maîtrise par un dispositif de séparation physique ou par un contrôle à l'éclatement, jamais par la seule attention de l'opérateur. Les entrepôts qui adoptent ce mode sans traiter l'éclatement voient leur productivité monter et leur taux d'erreur aussi.
G1 · 5. Mesurer, et les systèmes qui mesurent
Pick-to-light et put-to-light
Des dispositifs lumineux fixés aux emplacements. En pick-to-light, une lampe indique où prélever et combien. En put-to-light, elle indique dans quel bac déposer ce qu'on tient.
Ce que ça cache : ces dispositifs sont rapides et rigides : ils sont attachés à des emplacements physiques, donc à une implantation stable. Ils conviennent à des zones à très forte rotation et à référentiel figé. Sur un stock qui bouge souvent, le coût de reconfiguration mange le gain. Le put-to-light est par ailleurs la réponse la plus efficace au risque d'erreur de la préparation multi-commandes.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Plan de transport
Schéma d'organisation récurrent : lignes, fréquences, horaires de départ et d'arrivée, correspondances.
Ce que ça cache : un plan de transport n'est pas une planification. Le plan est la structure stable ; la planification est ce qu'on fait chaque jour à l'intérieur. Confondre les deux conduit à replanifier en permanence des choses qui auraient dû être décidées une fois.
G2 · 3. Prix, facturation, litiges
Pénalité
Somme prévue au contrat en cas de manquement : retard, taux de service insuffisant, absence de document.
Ce que ça cache : les pénalités sont souvent asymétriques. Celles que le client applique sont automatiques ; celles que le prestataire pourrait appliquer — attente, seconde présentation, annulation tardive — supposent une preuve qu'il n'a pas. Ce n'est pas un déséquilibre contractuel, c'est un déséquilibre documentaire.
G2 · 3. Prix, facturation, litiges
Poids taxable
Poids retenu pour le calcul du prix, obtenu en comparant le poids réel et un poids calculé à partir du volume : c'est le plus élevé des deux qui s'applique.
Ce que ça cache : la règle est simple, ses conséquences le sont moins. Un client qui optimise son emballage voit son poids taxable baisser plus vite que son poids réel — et inversement, un changement de conditionnement peut renchérir un flux sans qu'aucun tarif n'ait bougé.
G2 · 3. Prix, facturation, litiges
Préfacturation
Constitution, avant émission de la facture, de l'ensemble des éléments facturables d'une prestation exécutée : prestation principale, prestations annexes, surcoûts, anomalies.
Ce que ça cache : c'est l'étape où se joue la marge, et c'est la moins outillée. Ce qui n'a pas été saisi pendant l'exécution n'apparaîtra pas ici. La préfacturation ne crée pas l'information : elle révèle ce qui manque.
G2 · 4. Documents et preuves
Pli cartable
Dossier documentaire réunissant l'ensemble des pièces d'une opération de transit.
Ce que ça cache : dans beaucoup de maisons, il existe encore physiquement, il circule de bureau en bureau, et il est le seul endroit où le dossier est complet. Son absence temporaire d'un bureau suffit à bloquer une facturation. C'est le meilleur argument de numérisation qu'on puisse trouver — et il n'a rien à voir avec la performance.
G2 · 4. Documents et preuves
POD (Proof of Delivery · preuve de livraison · émargement)
Élément attestant que la livraison a eu lieu : document signé, photo, horodatage, position. On parle d'émargement pour la seule signature apposée par le destinataire.
Ce que ça cache : une preuve utile a quatre attributs — datée automatiquement, rattachée à une mission identifiée, complète, et disponible immédiatement. Une photo prise avec un téléphone personnel et envoyée sur un groupe de messagerie ne remplit aucun des quatre : ce n'est pas une preuve, c'est un souvenir. Quant à la signature, seule, elle ne prouve pas grand-chose : ce qui la rend opposable, c'est le nom en clair, la qualité du signataire, la date et l'heure.
G3 · I. Le référentiel de fabrication : ce qu'on fabrique, et avec quoi
Poste de charge (centre de charge · work center)
L'unité à laquelle on affecte une opération et pour laquelle on calcule une capacité : une machine, un groupe de machines interchangeables, un opérateur, une cellule.
Ce que ça cache : un poste de charge n'est pas forcément une machine. C'est souvent la ressource rare qui limite réellement — un opérateur habilité, un moule, un chariot élévateur, un espace de refroidissement. Modéliser les machines et oublier la ressource rare produit un plan qui ne tient jamais, sans qu'on comprenne pourquoi.
G3 · II. Planifier, calculer les besoins, lancer
PDP — programme directeur de production (master production schedule, MPS)
Le programme qui fixe, article par article et période par période, ce qu'on s'engage à produire. Il traduit le plan commercial en engagement de fabrication et alimente le calcul des besoins.
Ce que ça cache : le PDP est le seul endroit où le conflit entre commerce et production doit se régler explicitement. Beaucoup d'organisations n'en ont pas, ou en ont un que personne n'arbitre : le conflit se règle alors chaque matin, poste par poste, à celui qui crie le plus fort. Un PDP n'est pas un fichier, c'est une réunion avec un décideur.
G3 · II. Planifier, calculer les besoins, lancer
PIC — plan industriel et commercial (sales and operations planning, S&OP)
L'exercice périodique qui confronte, à un horizon de plusieurs mois et par famille de produits, les prévisions commerciales, les capacités industrielles et les moyens. Il précède et encadre le PDP.
Ce que ça cache : il se tient par famille, pas par référence, et cette imprécision est volontaire : à cet horizon, seul le volume global est décidable. Vouloir un PIC à la référence près est la manière la plus sûre de ne jamais le tenir.
G3 · II. Planifier, calculer les besoins, lancer
Point de commande (seuil de réapprovisionnement)
Le niveau de stock qui déclenche un réapprovisionnement, calculé pour couvrir la consommation pendant le délai d'obtention, augmenté du stock de sécurité.
Ce que ça cache : ce mode de gestion suppose une consommation régulière. Appliqué à un composant dont la consommation dépend d'un calendrier de fabrication connu, il commande toujours trop tard ou trop tôt. La question n'est pas de bien régler le seuil, mais de savoir quels articles relèvent du seuil et lesquels relèvent du calcul des besoins.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
Pièce critique
Une pièce dont l'indisponibilité arrête un équipement critique, et dont le délai de réapprovisionnement dépasse la durée d'arrêt acceptable. Souvent une pièce d'importation, spécifique, ou à fabrication sur commande.
Ce que ça cache : la criticité d'une pièce ne dépend ni de son prix ni de sa taille. Un joint peu coûteux, spécifique à une machine importée, peut immobiliser une ligne pendant des semaines. La liste des pièces critiques se construit à partir de la criticité des équipements et des délais fournisseurs réels — pas des délais annoncés au catalogue.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
Plan de maintenance
L'ensemble des interventions programmées sur un périmètre : quelles gammes, sur quels équipements, à quelle fréquence, déclenchées par calendrier, par compteur ou par état.
Ce que ça cache : dans une majorité d'organisations, le plan initial est celui du fournisseur de la machine, repris tel quel et jamais révisé. Il est écrit pour un usage moyen, dans des conditions moyennes, et il protège d'abord le fournisseur. Le confronter à l'historique réel des pannes est le travail le plus rentable d'un service maintenance — et il exige d'avoir un historique, donc d'avoir saisi le correctif pendant des mois.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
Prévisionnel (maintenance dite « prédictive »)
La maintenance déclenchée par une projection de l'évolution d'un paramètre mesuré : on n'attend pas le seuil, on estime la date à laquelle il sera atteint.
Ce que ça cache : le mot « prédictif » circule beaucoup et promet plus qu'il ne tient. Il suppose trois choses qui manquent souvent : des capteurs installés, des mesures accessibles et régulières, et un historique de défaillances assez fourni pour établir des corrélations. Sans historique, aucun outil ne prédit quoi que ce soit — il affiche une extrapolation. La constitution de cet historique prend des mois et commence par la saisie du correctif, ce qui est nettement moins attrayant en réunion de direction.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
Préventif systématique
La maintenance déclenchée à échéance fixe — calendrier ou compteur — indépendamment de l'état constaté.
Ce que ça cache : c'est le mode le plus simple à organiser et le plus facile à mal calibrer. Trop fréquent, il consomme des heures et des pièces sans gain, et introduit sa propre part de risque : chaque démontage est une occasion de défaut de remontage. Trop espacé, il ne protège de rien. L'indicateur qui le juge n'est pas son taux de réalisation, c'est la part de correctif survenant sur des équipements pourtant couverts par un préventif.
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
Prix de revient
Coût complet d'un article ou d'une prestation tel que l'entreprise décide de le calculer : achat, plus approche (transport, droits, manutention), plus éventuellement une quote-part de charges indirectes.
Ce que ça cache : il existe plusieurs méthodes de valorisation — dernier prix d'achat, coût moyen pondéré, coût standard — et elles donnent des marges différentes sur la même vente. Changer de méthode en cours d'exercice rend les comparaisons inutilisables. Le choix se fait une fois, se documente, et se défend.
G4 · 2. Vente, relation client et animation du terrain
Pipeline (pipe, entonnoir de vente)
Ensemble des opportunités en cours, réparties par étape d'avancement, avec leur valeur.
Ce que ça cache : un pipeline qui grossit n'est pas nécessairement bonne nouvelle. Il peut signaler que rien ne se conclut. L'indicateur utile n'est pas le volume total mais l'âge des affaires par étape : une opportunité qui stagne à la même étape depuis longtemps est une opportunité perdue qui n'a pas encore été déclarée.
G4 · 2. Vente, relation client et animation du terrain
Portefeuille client
Ensemble des comptes attribués à un commercial ou à une agence.
Ce que ça cache : le portefeuille est un objet politique autant que technique. Sa modification touche à la rémunération, donc elle se négocie. Un système qui permet de réaffecter un compte d'un clic sans traçabilité de la décision crée des conflits que personne n'avait anticipés au moment du paramétrage.
G4 · 2. Vente, relation client et animation du terrain
Prévision de vente (forecast)
Estimation du chiffre attendu sur une période, construite à partir du pipeline, de l'historique et du jugement commercial.
Ce que ça cache : on demande souvent au même homme de produire la prévision et d'être jugé sur elle. Le résultat est prévisible : la prévision devient prudente en début de période et optimiste à la fin. Séparer la prévision d'engagement de la prévision de charge — l'une pour la direction, l'autre pour les approvisionnements — évite une partie du problème.
G4 · 3. Points de vente, magasins et canaux de distribution
Panier moyen
Valeur moyenne d'une transaction, en montant ou en nombre d'articles.
Ce que ça cache : la moyenne masque le mélange. Un panier moyen stable peut recouvrir une chute des grands paniers compensée par une hausse des petits — deux clientèles différentes, deux problèmes différents, aucun visible. Regarder la distribution avant la moyenne demande peu d'effort et évite des décisions absurdes.
G4 · 3. Points de vente, magasins et canaux de distribution
PIM (Product Information Management · gestion de l'information produit)
Système qui centralise l'information produit destinée à être publiée : descriptions, visuels, caractéristiques, déclinaisons, traductions, contenus par canal.
Ce que ça cache : le PIM ne remplace pas le référentiel articles de gestion. Le premier tient ce qu'on montre au client, le second ce qu'on vend et ce qu'on stocke — et il faut décider lequel fait autorité sur quoi, champ par champ. Nous conseillions autrefois de traiter l'information produit dans l'ERP et de repousser le sujet ; nous ne le conseillons plus dès qu'une entreprise vend sur plus de deux canaux avec des fiches enrichies, parce que la charge de mise à jour retombe alors sur des équipes qui n'ont pas été prévues pour ça.
G4 · 3. Points de vente, magasins et canaux de distribution
POS (Point of Sale · point de vente, TPV, terminal de point de vente)
Le sigle anglais désigne le système d'encaissement en magasin. En français, on dit indifféremment « point de vente » pour le lieu et « logiciel de caisse » pour l'outil ; c'est cette dernière expression qu'il vaut mieux employer pour éviter l'ambiguïté.
Ce que ça cache : un logiciel de caisse ne se juge pas sur sa liste de fonctions mais sur trois comportements — la rapidité du geste d'encaissement, le fonctionnement en réseau dégradé, et la façon dont il remonte ses ventes au système central. Le reste s'apprend ; ces trois-là, non.
G4 · 5. Systèmes, données et conduite de projet
Paramétrage et développement spécifique
Le paramétrage règle le comportement du logiciel avec les moyens qu'il prévoit. Le développement spécifique ajoute du code pour un besoin que l'éditeur n'a pas prévu.
Ce que ça cache : la frontière est la ligne de coût la plus importante d'un projet, et la plus floue au moment de la vente. Un spécifique n'est pas une faute — il porte parfois exactement ce qui fait la différence de l'entreprise. Mais il se paie une deuxième fois à chaque montée de version, et cette seconde facture n'apparaît dans aucun devis initial. La question à trancher au cas par cas : ce besoin est-il un avantage concurrentiel, ou une habitude ?
Q
G1 · 1. Le bâtiment, les zones et les engins
Quai
L'interface entre le bâtiment et le véhicule. On distingue le quai de réception et le quai d'expédition — et dans beaucoup de sites, ce sont les mêmes, utilisés à des heures différentes.
Ce que ça cache : le quai est presque toujours le point le plus mal traité d'un projet. Deux détails y décident de beaucoup : sa thermorégulation, ou son absence, quand des produits sensibles y attendent ; et le nombre de portes réellement utilisables en même temps, qui n'est pas le nombre de portes construites.
Mise à quai : l'opération d'amener le véhicule contre la porte et de le caler. Elle paraît anodine. C'est pourtant elle qui crée les files d'attente : un site qui gère ses arrivées au fil de l'eau, sans créneau, produit des attentes que personne n'impute à personne.
G1 · 4. Les dates, les états du stock et la fiabilité
Quarantaine
Un état d'attente : la marchandise est physiquement présente, elle n'est pas disponible, et une décision doit être prise — libération, refus, retraitement.
Ce que ça cache : la quarantaine suppose un lieu autant qu'un statut. Une marchandise en quarantaine informatique posée au milieu du stock disponible finit par être prélevée un jour de rush. Séparez physiquement, avec un marquage visible. C'est un des rares cas où l'écriteau vaut le paramétrage.
R
G1 · 1. Le bâtiment, les zones et les engins
Réserve
La zone où la marchandise est stockée en masse, par opposition à la zone où on la prélève à l'unité.
Ce que ça cache : dire « réserve » suppose qu'il existe une zone de picking distincte. Beaucoup d'entrepôts n'en ont pas : on prélève là où la palette se trouve. Ce n'est pas un défaut en soi — c'est même la bonne organisation quand les commandes portent sur des palettes entières. Le problème apparaît quand les commandes se détaillent et que l'organisation ne suit pas.
G1 · 2. L'article, l'unité de charge et l'identification
Référence
L'identifiant interne d'un article dans votre système. C'est votre langue ; le fournisseur et le client ont la leur.
Ce que ça cache : entre votre référence, celle du fournisseur et celle du client, il existe forcément un tableau de correspondance. La question n'est pas de savoir s'il existe — c'est de savoir qui le maintient. Dans la plupart des entreprises, la réponse est : une personne, dans un tableur, et cette personne prend des congés. Ce tableau devrait vivre dans le référentiel, avec un responsable nommé.
G1 · 3. Les flux : de la réception à l'expédition
Réapprovisionnement interne
Le transfert de marchandise depuis la réserve vers la zone de prélèvement, pour que celle-ci ne tombe pas à zéro.
Ce que ça cache : c'est le travail le plus ingrat de l'entrepôt et le plus déterminant. Mal déclenché, il produit soit des ruptures en pleine préparation — le préparateur s'arrête, appelle, attend — soit des mouvements inutiles. Le déclenchement au seuil est simple à comprendre et arrive souvent trop tard ; le déclenchement sur les besoins de la vague à venir est plus juste, et suppose de savoir ce qu'on préparera.
G1 · 3. Les flux : de la réception à l'expédition
Réception
En entrepôt. L'entrée physique de la marchandise dans l'entrepôt : déchargement, identification, comptage, contrôle, puis mise en stock.
Ce que ça cache : on juge une réception à sa vitesse. C'est une erreur. On devrait la juger à ce qu'elle laisse derrière elle : une quantité juste, un lot renseigné, une date de péremption saisie, un emplacement connu. Une réception rapide qui reporte la saisie à plus tard déplace le travail vers l'endroit où il coûte le plus cher — la recherche d'une information manquante trois semaines après, quand plus personne ne se souvient du camion.
Le même mot a un autre sens dans le volet Commerce, services et canaux.
G1 · 3. Les flux : de la réception à l'expédition
Réception aveugle
Le mode où l'opérateur compte sans voir la quantité attendue à l'écran.
Ce que ça cache : c'est l'un des rares dispositifs qui améliore la qualité d'une donnée sans rien coûter. Quand la quantité attendue s'affiche, elle est confirmée — c'est humain, et ce n'est pas de la négligence. La réception aveugle supprime cette suggestion. Elle ralentit un peu et fait apparaître des écarts qu'on ne voyait pas. Ces écarts existaient déjà.
G1 · 3. Les flux : de la réception à l'expédition
Retour (logistique retour)
Le flux inverse : marchandise refusée à la livraison, retournée par le client, rappelée, ou reprise en fin de vie.
Ce que ça cache : un retour n'est pas une réception à l'envers. Il faut décider de l'état du produit — remettable en stock, à reconditionner, à détruire — et cette décision suppose un contrôle et un lieu pour attendre. Les entrepôts qui n'ont pas prévu de zone de retours voient ces palettes stationner dans un coin pendant des mois, avec du stock que le système croit disponible.
G1 · 4. Les dates, les états du stock et la fiabilité
Rappel et retrait
Le retrait consiste à empêcher la vente d'un produit encore dans le circuit. Le rappel va plus loin : il vise à récupérer ce qui est déjà chez les clients.
Ce que ça cache : la question qui se pose ce jour-là est simple à formuler et difficile à résoudre : où est parti le lot, chez qui, et en quelle quantité. La réponse ne s'improvise pas ; elle dépend de ce qui a été saisi des mois plus tôt, à la réception et à la préparation. Testez-la à froid, sur un lot au hasard, avant d'en avoir besoin. Les obligations applicables relèvent de votre secteur et de votre réglementation : faites-les préciser plutôt que de les supposer.
G1 · 5. Mesurer, et les systèmes qui mesurent
Radio-fréquence (terminal radio)
Le terminal portable connecté au système, avec lecteur de code-barres, sur lequel l'opérateur reçoit ses instructions et confirme ses gestes.
Ce que ça cache : le terminal ne fait pas gagner du temps de marche — il fait gagner de la justesse, parce qu'il enregistre le mouvement à l'endroit et au moment où il a lieu. C'est cela qu'on achète. L'erreur classique consiste à évaluer un projet de mobilité sur la productivité ; le retour se lit sur la fiabilité du stock et sur le temps qu'on ne passe plus à chercher.
Ce que ça cache : aucune fonction avancée ne compense un référentiel faux. Un poids erroné casse un calcul de chargement ; une unité de conversion fausse casse un inventaire ; un emplacement inexistant casse une tournée. Le référentiel est la partie la moins visible d'un projet, celle qui n'impressionne personne en démonstration, et celle qui décide de la réussite. C'est aussi la seule qu'on peut commencer à corriger avant même d'avoir choisi un logiciel — et c'est ce que nous conseillons de faire.
G1 · 5. Mesurer, et les systèmes qui mesurent
RFID — identification par radiofréquence
Une technologie d'identification sans contact et sans visée directe, qui permet de lire plusieurs étiquettes à la fois.
Ce que ça cache : elle résout un problème précis — l'inventaire massif et le passage en portique — et elle en crée d'autres : coût de l'étiquette, comportement dégradé sur les métaux et les liquides, lectures parasites depuis une allée voisine. Elle a trouvé sa place dans certains univers, le textile notamment. Ailleurs, elle reste souvent une réponse coûteuse à une question que le code-barres traite déjà.
G1 · 5. Mesurer, et les systèmes qui mesurent
Rotation
Le rythme auquel un stock se renouvelle. On l'exprime en nombre de renouvellements sur une période, ou en jours de couverture — la durée que le stock actuel permet de tenir au rythme de consommation observé.
Ce que ça cache : la rotation moyenne d'un entrepôt ne veut à peu près rien dire, parce que la moyenne écrase les extrêmes. Ce qui se pilote, c'est la distribution : la part des références qui tourne vite, et surtout celle qui n'a plus bougé depuis longtemps. Cette dernière occupe de la surface, immobilise de la trésorerie, et n'apparaît dans aucun indicateur de flux — puisqu'elle ne produit pas de flux.
G2 · 3. Prix, facturation, litiges
Rapport poids-volume (coefficient d'équivalence)
Règle de conversion permettant de transformer un volume en poids pour le calcul du prix.
Ce que ça cache : le coefficient varie selon le mode — routier, aérien, maritime — et selon le contrat. Il n'y a pas de valeur universelle. C'est l'un des rares paramètres qu'il faut relire dans chaque contrat plutôt que supposer.
G2 · 3. Prix, facturation, litiges
Réserve à la livraison
Mention écrite portée sur le document de transport au moment de la livraison, décrivant une anomalie constatée.
Ce que ça cache : une réserve vague ne protège personne. « Sous réserve de déballage »
n'est pas une réserve, c'est une intention. Ce qui vaut, c'est le constat précis — quel colis, quel dommage, quelle quantité — porté au moment de la remise et, selon les cas, confirmé dans les formes et les délais prévus par le contrat ou les textes applicables.
G2 · 5. International, douane et conteneur
Régime suspensif
Régime douanier qui suspend, pour un temps et sous conditions, l'exigibilité des droits et taxes — le temps d'une opération, d'un stockage ou d'un transit.
Ce que ça cache : la suspension n'est pas une exonération. Elle crée une dette conditionnelle et une échéance. Le risque réel n'est pas dans l'ouverture du régime, il est dans son suivi : qui surveille l'échéance, avec quel justificatif, et que se passe-t-il si le délai est dépassé. Les conditions relèvent de la réglementation applicable.
G3 · I. Le référentiel de fabrication : ce qu'on fabrique, et avec quoi
Rendement matière
Le rapport entre la matière réellement consommée et la matière théoriquement nécessaire. Il intègre chutes, freintes, pertes de démarrage, réglages.
Ce que ça cache : quand le rendement matière n'est pas modélisé dans la nomenclature, il finit quelque part quand même — dans un écart d'inventaire permanent qu'on régularise en fin de mois sans jamais l'expliquer. L'écart n'est pas un problème de stock, c'est un rendement non déclaré.
G3 · III. Fabriquer, contrôler, tracer
Rappel et retrait
Défini dans le volet Entrepôt et stocks — c'est là que le terme est chez lui.
G3 · III. Fabriquer, contrôler, tracer
Rebut
Une production perdue, non récupérable, écartée du flux. Elle consomme de la matière, du temps machine et du temps opérateur sans produire de valeur.
Ce que ça cache : un rebut non déclaré ne disparaît pas des comptes, il se déplace : la matière manquera à l'inventaire, le temps sera imputé à la production bonne, et le coût de revient de l'article sera artificiellement bon. Le rebut est une des rares informations qu'on a intérêt à rendre facile à déclarer, y compris quand elle est gênante.
G3 · III. Fabriquer, contrôler, tracer
Retouche (reprise)
Une opération supplémentaire pour ramener une production non conforme à la conformité. À la différence du rebut, la valeur est récupérée — à un coût.
Ce que ça cache : la retouche est le coût de non-qualité le plus fréquemment invisible. Elle se fait souvent hors ordre de fabrication, en fin de journée, par un opérateur expérimenté qui « reprend ce qui ne va pas ». Ce temps n'est imputé nulle part, et la ligne apparaît meilleure qu'elle n'est. Ouvrir une opération de retouche déclarable est peu coûteux et change la lecture d'un atelier.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
Rétrofit (rénovation, remise à niveau)
Le remplacement d'une partie d'un équipement — automate, motorisation, commande, sécurité — pour prolonger sa vie sans le remplacer entièrement.
Ce que ça cache : l'argument décisif est rarement la mécanique, qui tient souvent très bien, mais l'obsolescence de la partie commande : un automate dont on ne trouve plus de pièces, un logiciel de pilotage qui ne tourne plus sur les systèmes actuels, une compétence qui n'existe plus sur le marché local. Ce risque-là doit figurer dans la fiche de l'équipement au même titre que son historique de pannes.
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
Rapprochement
Opération de mise en correspondance entre deux sources qui devraient dire la même chose : facture fournisseur et réception, règlement et relevé bancaire, commande et livraison.
Ce que ça cache : le rapprochement n'a d'intérêt que par les écarts qu'il révèle. Une organisation qui rapproche tout et ne tire aucune conséquence des écarts fait de la saisie, pas du contrôle. La bonne question est : qui reçoit la liste des écarts, et qu'est-il tenu d'en faire ?
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
Référentiel articles
Base des produits et prestations vendus ou achetés, avec leur identification, leurs unités, leurs familles, leurs caractéristiques et leurs règles de gestion.
Ce que ça cache : c'est le fichier qui décide de la qualité de tout le reste. Une même référence saisie deux fois avec deux codes différents produit un stock faux, des statistiques fausses et des ruptures inexplicables. Nous éditons des logiciels, et nous l'écrivons sans détour : un référentiel articles mal tenu ne se répare par aucun logiciel. Le nettoyage est un travail humain, long, et il doit précéder le projet plutôt que l'accompagner.
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
Référentiel tiers
Base des clients, prospects et fournisseurs : identification, adresses, contacts, conditions, appartenance à un groupe.
Ce que ça cache : la difficulté n'est pas la fiche, c'est la structure. Un client peut être une société qui commande, un établissement qui reçoit, un siège qui paie et un groupe qui négocie. Si le modèle ne distingue pas ces rôles, on finit avec quatre fiches homonymes et un encours calculé sur la mauvaise.
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
Reliquat (backorder)
Part d'une commande non livrée lors d'une première expédition, restant à servir.
Ce que ça cache : deux politiques s'opposent et doivent être tranchées explicitement — livrer partiellement et garder le reliquat ouvert, ou attendre d'être complet. La première améliore le taux de service apparent et multiplie les frais de transport ; la seconde fait le contraire. Le pire est de n'avoir pas tranché : chaque gestionnaire décide alors selon son tempérament, et le commercial finit par ressaisir la totalité de la commande au lieu du reste dû, ce qui double la ligne dans les statistiques.
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
Remise
Réduction accordée sur un prix. Elle peut être portée à la ligne, au pied du document, ou négociée hors document sous forme de ristourne de fin de période.
Ce que ça cache : l'empilement. Remise de base, remise quantitative, remise exceptionnelle, geste commercial, ristourne arrière : quand ces couches se cumulent sans plafond consolidé, le prix net réellement obtenu par le client n'est plus connu de personne avant la clôture. Le contrôle utile porte sur le net final, pas sur chaque niveau pris isolément.
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
Retour client
Renvoi de marchandise par le client, pour non-conformité, erreur de commande, invendu ou droit contractuel.
Ce que ça cache : un retour est trois opérations simultanées — un flux physique à recevoir et à requalifier, un flux financier à traiter, un motif à enregistrer. C'est le motif qu'on néglige, et c'est le seul qui permette d'agir. Sans typologie de motifs tenue sérieusement, les retours restent un coût subi.
G4 · 2. Vente, relation client et animation du terrain
Relance
Action de rappeler au client une échéance dépassée ou une action attendue. Le mot recouvre deux métiers distincts : la relance commerciale sur un devis, la relance de recouvrement sur une facture.
Ce que ça cache : confier les deux à la même personne est efficace et risqué : le commercial qui doit vendre demain relance mollement aujourd'hui. Beaucoup d'entreprises séparent les rôles et le regrettent, parce que le recouvrement perd le contexte de la relation. Il n'y a pas de bonne réponse — il y a une règle à écrire et à assumer.
G4 · 3. Points de vente, magasins et canaux de distribution
Réassort magasin
Réapprovisionnement d'un point de vente depuis une plateforme, un entrepôt ou un autre magasin, sur seuil, sur proposition centrale ou sur demande du magasin.
Ce que ça cache : qui décide ? Un réassort poussé par la centrale optimise l'écoulement global et déresponsabilise le magasin ; un réassort tiré par le magasin colle au terrain et fragmente le stock. La plupart des enseignes finissent par un régime mixte selon les familles, et c'est ce découpage — pas l'algorithme de calcul — qui fait la performance.
G4 · 3. Points de vente, magasins et canaux de distribution
Retour omnicanal
Retour d'un article acheté sur un canal et rapporté sur un autre, typiquement une commande web rendue en magasin.
Ce que ça cache : techniquement traitable, commercialement explosif. Le magasin encaisse le coût du traitement et rend l'argent d'une vente qu'il n'a pas faite. Sans règle de compensation interne écrite à l'avance, la promesse client tiendra tant que les volumes resteront faibles, puis elle sera sabotée poliment.
G4 · 4. Services, projets et chantiers
Réception (procès-verbal de réception)
En prestation de services. Acte par lequel le client déclare accepter l'ouvrage ou la prestation, avec ou sans réserves. Il fait courir des délais et déclenche généralement le solde.
Ce que ça cache : la réception avec réserves est la situation normale, pas l'exception. Ce qui pose problème n'est pas la réserve, c'est la levée de réserve : la liste vit dans un tableur, chez une personne, et les points qui ne sont ni graves ni oubliés y restent des mois. Le solde attend avec eux.
Le même mot a un autre sens dans le volet Entrepôt et stocks.
G4 · 5. Systèmes, données et conduite de projet
Recette (tests d'acceptation · UAT)
Phase où les utilisateurs vérifient que le système fait ce qui a été convenu, à partir de cas d'usage écrits, et prononcent ou non l'acceptation.
Ce que ça cache : la recette échoue presque toujours pour la même raison : elle est confiée à des utilisateurs qui gardent leur travail à temps plein. Sans temps dégagé et sans scénarios écrits à l'avance, elle se réduit à quelques clics et à un accord de principe — et les vrais défauts se découvrent en production, quand ils coûtent dix fois plus cher à corriger.
G4 · 5. Systèmes, données et conduite de projet
Référentiel maître
Version d'une donnée qui fait autorité, à laquelle les autres systèmes doivent se conformer.
Ce que ça cache : l'autorité se définit champ par champ, pas système par système. Il est parfaitement sain que l'ERP soit maître du code article et du prix de revient pendant que le PIM est maître de la description commerciale et des visuels. Ce qui n'est pas sain, c'est que deux systèmes puissent modifier le même champ.
G4 · 5. Systèmes, données et conduite de projet
Reprise de données
Transfert des données existantes vers le nouveau système : soldes, référentiels, historiques, encours.
Ce que ça cache : deux décisions font toute la différence, et elles sont métier. Que reprend-on — tout l'historique, ou les soldes et deux exercices ? Et que refuse-t-on de reprendre, parce que c'est faux depuis longtemps ? Une migration qui recopie fidèlement un référentiel pollué vient d'acheter un nouveau logiciel pour héberger les anciens problèmes.
S
G1 · 1. Le bâtiment, les zones et les engins
Slotting
L'attribution des références aux emplacements : quoi mettre où, en fonction de la rotation, du poids, du volume, des incompatibilités.
Ce que ça cache : le mot est vendu comme un exercice d'optimisation permanent. Dans la plupart des entrepôts, il désigne surtout une décision qu'on prend une fois puis qu'on ne rouvre plus, parce que déplacer physiquement des centaines de références coûte des journées de travail que personne n'a budgétées. Un bon slotting n'est pas celui qui est optimal, c'est celui qu'on est capable de maintenir. Commencez par sortir de la zone de prélèvement les références qui n'ont pas bougé depuis des mois : ce seul geste, fait une fois par an, produit plus que la théorie.
G1 · 1. Le bâtiment, les zones et les engins
Stockage de masse (ou stockage bloc)
Des palettes empilées ou posées au sol, en rangées, sans structure.
Ce que ça cache : c'est le mode le moins cher et le plus contraignant. On accède à la première palette de la rangée, pas aux autres. Toute règle de sortie fine — par lot, par date — devient une négociation avec la géométrie. Il convient très bien à des références à forte rotation et à faible variété. Il convient très mal au reste.
G1 · 2. L'article, l'unité de charge et l'identification
SKU — Stock Keeping Unit, unité de gestion de stock
La plus petite maille distinguée en stock : une référence dans une déclinaison précise, à un endroit donné. Deux tailles d'un même modèle font deux SKU.
Ce que ça cache : « combien avez-vous de références » et « combien avez-vous de SKU » n'appellent pas la même réponse, et l'écart entre les deux se compte parfois en dizaines. Dans le textile ou la chaussure, une collection de quelques modèles produit un nombre de SKU qui décide seul du dimensionnement de la zone de prélèvement. Posez toujours la question dans les deux sens.
G1 · 2. L'article, l'unité de charge et l'identification
SSCC — Serial Shipping Container Code, code série de colis
Un identifiant unique attribué à une unité logistique — une palette, un colis groupé — qui ne dit rien du contenu par lui-même. Il sert de clé : on le scanne, et le système restitue ce qu'il y a dedans.
Ce que ça cache : c'est le mécanisme qui rend possible la réception par simple lecture d'une étiquette, à condition que l'expéditeur ait annoncé le contenu à l'avance. Sans avis d'expédition, un SSCC scanné en réception ne produit rien. Les règles d'attribution et les préfixes dépendent de l'organisme qui les délivre : faites-les vérifier avant de graver quoi que ce soit dans un paramétrage.
G1 · 2. L'article, l'unité de charge et l'identification
Support (ou contenant)
Tout ce qui porte la marchandise et se déplace avec elle : palette, bac, caisse, rolls, conteneur.
Ce que ça cache : un support peut être un actif à suivre, un consommable, ou les deux selon le client. Décider de le tracer ou non n'est pas un détail de paramétrage : c'est ce qui détermine si vous saurez un jour où sont vos bacs.
G1 · 4. Les dates, les états du stock et la fiabilité
Shelf life (durée de vie résiduelle)
Le temps restant avant la date limite, à un instant donné.
Ce que ça cache : c'est cette donnée, et non la date, qui sert à décider. Un client attend une durée de vie restante minimale ; un canal de vente en accepte une plus faible ; un autre la refuse. Piloter sur la shelf life permet d'orienter la marchandise vers le débouché qui l'accepte encore, tant qu'il est temps. Piloter sur la date fait découvrir le problème quand il n'y a plus de débouché.
G1 · 4. Les dates, les états du stock et la fiabilité
Stock disponible
La quantité réellement engageable : le stock physique diminué de ce qui est réservé, bloqué, en quarantaine ou déjà prélevé sans être encore sorti.
Ce que ça cache : c'est la donnée la plus regardée et la plus mal définie. Deux services d'une même entreprise en donnent souvent deux valeurs différentes, et les deux ont raison au regard de leur propre définition. Écrivez la formule, une fois, et faites-la valider par le commerce et par l'exploitation. Cette demi-journée évite des années de discussions.
G1 · 4. Les dates, les états du stock et la fiabilité
Stock en transit
La marchandise qui n'est plus au point de départ et pas encore arrivée : entre deux sites, en cours d'acheminement, sur l'eau.
Ce que ça cache : c'est le stock que personne ne surveille et que tout le monde compte. Il est sorti d'un site et pas encore entré dans l'autre : selon le paramétrage, il apparaît deux fois, ou pas du tout. Sur des flux d'importation avec des délais longs, l'enjeu dépasse la justesse du stock — c'est la disponibilité annoncée au client qui en dépend.
G1 · 4. Les dates, les états du stock et la fiabilité
Stock physique et stock théorique
Le stock physique est ce qui est là. Le stock théorique est ce que le système affirme.
Ce que ça cache : on parle de « fiabilité de stock » pour désigner le rapprochement des deux, et on la mesure généralement en valeur. C'est trompeur : une fiabilité excellente en valeur peut coexister avec des écarts sur de nombreuses références de faible valeur, qui sont précisément celles qui font échouer des commandes. Mesurez la fiabilité en nombre d'emplacements justes, pas seulement en valeur.
G1 · 4. Les dates, les états du stock et la fiabilité
Stock réservé
La quantité affectée à une commande ou à un besoin, encore physiquement présente mais plus disponible pour un autre.
Ce que ça cache : la réservation est un outil puissant et un piège. Elle protège une commande ; elle immobilise aussi du stock pour des commandes qui ne se confirmeront pas. Sans date d'expiration sur les réservations, une entreprise finit avec un stock disponible artificiellement bas et des ruptures qui n'existent pas.
G2 · 1. Qui fait quoi : acteurs, rôles et engagements
Sous-traitance
En transport. Recours à un tiers pour exécuter tout ou partie d'une prestation vendue en son nom propre.
Ce que ça cache : le donneur d'ordre reste, vis-à-vis de son client, celui qui a promis. Sa visibilité, elle, s'arrête souvent au coup de téléphone du matin. C'est le point aveugle le plus coûteux d'une exploitation transport : deux niveaux de qualité de service, un seul mesuré. Ce qui se règle contractuellement — format et délai de retour des preuves, déclaration des anomalies — se négocie avant la signature ; après, c'est une faveur.
Le même mot a un autre sens dans le volet Commerce, services et canaux.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Seconde présentation
Nouvelle tentative de livraison après un premier échec — destinataire absent, refus, impossibilité d'accès.
Ce que ça cache : c'est une prestation entièrement refaite, facturable dans la plupart des contrats, et rarement facturée. Le motif d'échec, s'il est saisi le jour même dans une liste courte plutôt que raconté au téléphone, est aussi la meilleure source d'amélioration d'un plan de distribution.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Spot
Achat ou vente de transport au coup par coup, hors contrat cadre, au prix du moment.
Ce que ça cache : le spot n'est pas l'inverse du contractuel, c'est son thermomètre. Une entreprise dont la part spot augmente sans décision commerciale a un problème de plan de transport, pas un problème d'achat.
G2 · 3. Prix, facturation, litiges
Surcharge
Supplément appliqué au prix de base pour couvrir un coût variable ou circonstanciel : carburant, congestion, sûreté, saison haute, manutention particulière.
Ce que ça cache : les surcharges sont la partie la plus mouvante d'un prix et la moins suivie dans les référentiels. Une cotation faite avec une surcharge périmée reste vendue au prix annoncé — l'écart se découvre à la facture d'achat, quand il est trop tard.
G2 · 4. Documents et preuves
Scellé (plomb)
Dispositif inviolable apposé sur un conteneur ou un véhicule, dont le numéro est reporté sur les documents.
Ce que ça cache : ce n'est pas le scellé qui protège, c'est le relevé de son numéro à chaque changement de main. Un scellé posé au départ et jamais vérifié à l'arrivée ne prouve rien du tout.
G2 · 5. International, douane et conteneur
Souffrance (marchandise en souffrance)
Situation d'une marchandise arrivée qui n'est ni enlevée ni régularisée dans les délais prévus.
Ce que ça cache : la souffrance est d'abord un problème d'alerte, pas de procédure. Elle se constitue lentement, dossier par dossier, pendant que chacun attend une pièce de l'autre.
Une liste des dossiers immobilisés depuis plus longtemps que la normale, relue chaque semaine, règle une bonne partie du sujet sans logiciel.
G2 · 5. International, douane et conteneur
Surestaries
En affrètement maritime, indemnités dues à l'armateur lorsque les opérations de chargement ou de déchargement dépassent le temps alloué au navire.
Ce que ça cache : le mot est employé à tort comme traduction de demurrage. Les surestaries concernent l'immobilisation du navire dans le cadre d'une charte-partie ; le demurrage concerne l'immobilisation d'un conteneur. En vrac et en conventionnel, la distinction est capitale ; en conteneurisé, l'emploi flottant du mot brouille les discussions de facturation.
G3 · I. Le référentiel de fabrication : ce qu'on fabrique, et avec quoi
Sous-traitance de capacité et sous-traitance de spécialité
Deux choses différentes qu'on désigne du même mot. La sous-traitance de capacité confie à l'extérieur une opération qu'on sait faire, faute de place ou de temps. La sous-traitance de spécialité confie une opération qu'on ne sait pas faire — traitement de surface, découpe particulière, stérilisation.
Ce que ça cache : elles ne se gèrent pas pareil. La première se pilote comme un poste de charge externe, avec un délai et un coût comparables à l'interne. La seconde est un point de passage obligé, souvent unique, dont la défaillance arrête tout : elle relève de la gestion du risque fournisseur autant que de la planification.
G3 · II. Planifier, calculer les besoins, lancer
Stock de sécurité
Le stock détenu pour absorber l'aléa : variation de la demande, retard fournisseur, rebut inattendu.
Ce que ça cache : il devrait couvrir une variabilité mesurée, et il couvre presque toujours un souvenir — la rupture d'il y a deux ans, la pénurie d'un composant qui n'est plus critique. Un stock de sécurité qui n'a jamais été révisé depuis sa saisie initiale n'est plus une protection, c'est un stock dormant qui porte un nom rassurant.
G3 · IV. Maintenir : actifs, interventions, organisation
SCADA et automate (supervision, API)
L'automate programmable pilote la machine ; le SCADA supervise, affiche et enregistre les mesures et les alarmes d'un ensemble d'automates.
Ce que ça cache : ces systèmes détiennent les données les plus fiables de l'usine — temps de marche, cadences, arrêts, alarmes — et elles restent presque toujours enfermées dans le périmètre automatisme. Les récupérer est un projet en soi, avec des interfaces, des correspondances de codes et un propriétaire à désigner. Ce n'est pas une case à cocher dans un contrat logiciel.
G4 · 2. Vente, relation client et animation du terrain
SAV et ticket (service après-vente · support case)
Le ticket est l'unité de suivi d'une demande client après la vente : réclamation, panne, question, demande de garantie. Il porte un statut, un responsable et une date d'engagement.
Ce que ça cache : un ticket sans engagement de délai n'est qu'une boîte de réception. Et un ticket qui n'est pas rattaché à la ligne de vente concernée oblige à reconstituer l'historique à chaque échange. Le rattachement est plus utile que la sophistication du circuit.
G4 · 2. Vente, relation client et animation du terrain
Segmentation client
Découpage du portefeuille selon des critères choisis : taille, canal, potentiel, comportement d'achat, rentabilité.
Ce que ça cache : la segmentation la plus fréquente — par chiffre d'affaires réalisé — décrit le passé et enferme. Un client qui achète peu parce qu'il est mal servi sera classé en bas et servi encore plus mal. Croiser au moins un critère de potentiel avec un critère de réalisé change la conversation.
G4 · 3. Points de vente, magasins et canaux de distribution
Ship from store (expédition depuis le magasin)
Servir une commande à distance depuis le stock d'un point de vente plutôt que depuis l'entrepôt.
Ce que ça cache : on la présente comme une optimisation de stock ; c'est d'abord une charge nouvelle en magasin. Prélever, emballer, étiqueter et remettre au transporteur prend du temps de vendeur, aux heures où il devrait vendre. Avant de lancer le dispositif, il faut avoir répondu à deux questions : qui prépare, et à quel compte la vente est-elle portée.
G4 · 3. Points de vente, magasins et canaux de distribution
Stock unifié
Vision unique et à jour du stock disponible, quel que soit l'endroit où il se trouve et le canal qui le consomme.
Ce que ça cache : « unifié » ne veut pas dire « tout disponible partout ». Il faut distinguer le stock physique, le stock réservé et le stock que l'on accepte d'exposer à un canal donné — beaucoup d'enseignes gardent une réserve de sécurité invisible en ligne pour protéger le magasin. Cette règle d'exposition est une décision commerciale, et elle doit être révisable sans intervention technique.
G4 · 4. Services, projets et chantiers
Situation de travaux
État périodique de l'avancement facturable d'un chantier, servant de base à une facturation intermédiaire.
Ce que ça cache : la situation est établie par celui qui exécute et validée par celui qui paie ; l'écart entre les deux appréciations est le cœur du métier. Un avancement mesuré en pourcentage déclaré, sans référence à des quantités constatées, se négocie ; un avancement adossé à des livrables ou à un métré se constate.
G4 · 4. Services, projets et chantiers
Sous-traitance
En prestation de services. Confier à un tiers l'exécution d'une part de la prestation vendue, en restant responsable devant le client.
Ce que ça cache : le niveau d'information s'effondre au passage de la frontière. Le sous-traitant travaille avec ses propres documents, son propre rythme de retour, sa propre définition de « terminé ». Ce qu'on peut exiger au moment de la signature — format et délai des comptes rendus, déclaration des anomalies, canal de transmission — devient une faveur qu'on quémande après. Le sujet est contractuel avant d'être technique.
Le même mot a un autre sens dans le volet Transport, transit et douane.
G4 · 5. Systèmes, données et conduite de projet
SaaS (Software as a Service · logiciel en service)
Le logiciel est exploité par l'éditeur et mis à disposition par abonnement, sans installation chez le client.
Ce que ça cache : le mot est employé pour deux réalités distinctes. Un SaaS véritablement mutualisé impose son rythme de mise à jour à tous ses clients ; un hébergement dédié facturé à l'abonnement laisse plus de latitude et n'a de SaaS que le mode de facturation. Les questions qui départagent : puis-je refuser une montée de version, et que se passe-t-il pour mes données le jour où j'arrête.
G4 · 5. Systèmes, données et conduite de projet
Système de référence (source de vérité · system of record)
Système désigné comme détenteur légitime d'une information donnée, en cas de divergence entre plusieurs.
Ce que ça cache : l'absence de désignation explicite produit une pathologie reconnaissable — le tableau de correspondance entretenu par une personne sur son poste, qui rapproche les codes de deux systèmes et que personne d'autre ne sait maintenir. Le jour où cette personne s'absente, la chaîne s'arrête. Si vous cherchez où sont vos points de fragilité, cherchez ces tableaux.
T
G1 · 3. Les flux : de la réception à l'expédition
Tournée de prélèvement
Le parcours qu'effectue un préparateur pour servir une ou plusieurs commandes.
Ce que ça cache : l'optimisation d'une tournée se heurte à une contrainte physique qu'on oublie en réunion : on ne peut pas ranger un carton lourd sur un support déjà chargé de produits fragiles. Un ordre de prélèvement optimal en distance peut être impraticable en gerbage. Les systèmes qui tiennent compte de la nature des produits dans l'ordre de service valent mieux que ceux qui ne calculent que le chemin.
G1 · 4. Les dates, les états du stock et la fiabilité
Traçabilité ascendante et descendante
La traçabilité descendante répond à : où est parti ce lot. L'ascendante répond à : de quoi est fait ce produit, et d'où viennent ses composants.
Ce que ça cache : les deux ne demandent pas le même travail. La descendante s'obtient en enregistrant correctement les sorties. L'ascendante suppose de relier les entrées aux sorties à travers une transformation — production, assemblage, reconditionnement — et c'est là que la chaîne casse le plus souvent, parce que l'atelier n'enregistre pas au même niveau de détail que l'entrepôt.
G1 · 5. Mesurer, et les systèmes qui mesurent
Taux de remplissage
En entrepôt. Le rapport entre l'espace occupé et l'espace disponible. Il se décline en taux d'occupation des emplacements, et en remplissage volumétrique de ces emplacements.
Ce que ça cache : viser le maximum est une mauvaise idée. Un entrepôt saturé perd en fluidité : plus de place pour recevoir, plus de marge pour réimplanter, des marchandises posées dans les allées. Il existe un point au-delà duquel chaque emplacement gagné coûte du temps de manutention. Ce point se constate chez soi, en observant le moment où les opérateurs commencent à improviser.
Le même mot a un autre sens dans le volet Transport, transit et douane.
G1 · 5. Mesurer, et les systèmes qui mesurent
Taux de service
La part de ce qui a été servi conformément à ce qui était demandé.
Ce que ça cache : c'est l'indicateur le plus manipulé de la profession, non par malhonnêteté mais par flottement de définition. Servi en lignes ou en quantités ? Par rapport à la commande initiale ou à la commande après arbitrage commercial ? Le reliquat livré le lendemain compte-t-il comme un échec ? Selon les réponses, le même mois donne des résultats qu'on ne reconnaîtrait pas. Écrivez la définition, datez-la, et ne la changez plus — un taux de service qui progresse après une redéfinition n'a rien démontré.
G1 · 5. Mesurer, et les systèmes qui mesurent
TMS — Transport Management System, gestion du transport
Le système qui gère l'organisation et le suivi du transport : plans de transport, affectation des moyens, suivi d'exécution, coûts et facturation.
Ce que ça cache : la frontière avec le WMS passe à la porte du quai. Le WMS constitue et remet ; le TMS achemine. Le point de friction est toujours le même : qui décide de la composition des expéditions. Si c'est le WMS, le TMS subit des chargements mal optimisés. Si c'est le TMS, la préparation doit attendre une décision transport. Ce point s'arbitre au cadrage, jamais en exploitation.
G2 · 1. Qui fait quoi : acteurs, rôles et engagements
Traction (tractionnaire)
Transport d'un point fixe à un autre, généralement entre deux agences ou plates-formes, sans distribution finale. Le tractionnaire est le transporteur qui l'assure.
Ce que ça cache : la traction est régulière, prévisible, et souvent la première ligne qu'on sous-traite durablement. Elle devient alors une dépendance structurelle qu'aucune grille tarifaire ne reflète : le jour où le tractionnaire s'arrête, ce n'est pas une tournée qui manque, c'est un réseau.
G2 · 1. Qui fait quoi : acteurs, rôles et engagements
Transitaire
Dans son sens strict, mandataire qui accomplit des opérations pour le compte et au nom de son client, sur instructions, sans choisir librement les moyens. Dans l'usage courant — au Maroc comme ailleurs — le mot désigne l'ensemble du métier d'organisation du transport international et de dédouanement.
Ce que ça cache : l'usage courant a avalé la distinction juridique. Beaucoup d'entreprises qui se disent transitaires exercent en réalité une activité de commissionnaire pour une partie de leurs dossiers, et de mandataire pour l'autre — parfois dans le même dossier. La qualification se lit dans les documents émis, pas sur l'enseigne.
G2 · 1. Qui fait quoi : acteurs, rôles et engagements
Transporteur
Entreprise qui exécute matériellement le déplacement avec ses véhicules et ses conducteurs.
Ce que ça cache : dans la moitié des conversations, « le transporteur » désigne en fait l'organisateur qui a vendu la prestation et n'a jamais approché la marchandise. Quand un client dit « votre chauffeur », vérifiez de quelle entreprise il est salarié avant de répondre.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Taux de remplissage
En transport. Part de la capacité du véhicule effectivement utilisée, en poids, en volume ou en mètres de plancher.
Ce que ça cache : il faut toujours préciser en quoi il est mesuré. Un camion plein en volume et vide en poids affiche deux taux opposés, et le débat sur la rentabilité de la ligne tourne à vide tant que l'unité n'est pas dite.
Le même mot a un autre sens dans le volet Entrepôt et stocks.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Télématique embarquée
Ensemble des équipements et services qui remontent les données du véhicule : position, kilométrage, consommation, comportement de conduite, parfois température.
Ce que ça cache : la télématique dit où est le véhicule. Elle ne dit pas ce qui est arrivé à la marchandise. Deux systèmes différents, deux finalités, et une confusion fréquente en avant-vente : suivre un camion n'est pas suivre un envoi.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Temps de conduite
Durée effective passée au volant, distincte du temps de travail et de l'amplitude.
Ce que ça cache : c'est une contrainte de plan avant d'être un sujet de conformité. Un plan construit sur des vitesses moyennes optimistes produit des tournées irréalisables, et le conducteur les rattrape comme il peut — c'est-à-dire mal. Les règles applicables se vérifient dans les textes en vigueur.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
TMS (Transport Management System · système de gestion du transport)
Catégorie de logiciel destinée à préparer, exécuter, suivre et valoriser des opérations de transport.
Ce que ça cache : il existe deux familles très différentes derrière le même sigle. Le TMS chargeur sert à acheter du transport : commande, sélection de transporteurs, contrôle des factures. Le TMS transporteur sert à en vendre : plan, tournées, conducteurs, flotte, marge par mission. Les fonctions se ressemblent de loin et n'ont pas le même objet. Une consultation qui ne précise pas de quel côté elle se place obtient des réponses inutilisables.
G2 · 2. Le plan, la tournée, la cabine
Tournée
Suite ordonnée d'étapes exécutée par un même véhicule sur une période donnée.
Ce que ça cache : le mot désigne selon les maisons un circuit de distribution quotidien, une rotation régulière ou l'ensemble d'une journée conducteur. Avant toute discussion sur « l'optimisation des tournées », faites définir le mot par celui qui l'emploie.
G2 · 5. International, douane et conteneur
TC (conteneur)
Caisse normalisée conçue pour être transportée sans rupture de charge entre plusieurs modes.
Ce que ça cache : le conteneur appartient rarement au chargeur. C'est un bien prêté, dont la restitution est comptée. Beaucoup d'organisations pilotent parfaitement leur marchandise et pas du tout leurs contenants — jusqu'à la première facture de détention.
G2 · 5. International, douane et conteneur
THC (Terminal Handling Charges · frais de manutention portuaire)
Frais facturés par le terminal pour les opérations de manutention à l'embarquement ou au débarquement.
Ce que ça cache : ils sont facturés d'un côté, de l'autre, ou des deux selon les accords et l'incoterm retenu. C'est l'une des lignes les plus régulièrement oubliées d'une cotation, et elle ne se découvre qu'à la facture d'achat.
G2 · 5. International, douane et conteneur
Transbordement
Transfert d'une marchandise d'un moyen de transport à un autre en cours d'acheminement.
Ce que ça cache : chaque transbordement est une rupture de responsabilité et une occasion d'avarie. Un acheminement annoncé « direct » qui comporte en réalité un transbordement n'a ni le même délai ni le même risque — et la différence se lit dans les documents, pas dans l'offre commerciale.
G2 · 5. International, douane et conteneur
Transit douanier
Régime permettant de déplacer une marchandise sous contrôle douanier d'un point à un autre sans liquidation des droits pendant le déplacement.
Ce que ça cache : rien à voir avec le métier de transitaire, dont le nom vient pourtant de là. Deux notions distinctes, un seul mot, et des malentendus quotidiens entre l'exploitation et la douane.
G3 · II. Planifier, calculer les besoins, lancer
Taille de lot (lot de lancement, lot économique)
La quantité d'un ordre : quantité exacte du besoin, multiple d'un conditionnement, minimum technique, ou quantité calculée pour équilibrer coût de lancement et coût de possession.
Ce que ça cache : la taille de lot est souvent l'héritage d'un temps de changement de série qu'on a réduit depuis, sans revoir le paramètre. On continue à fabriquer par grandes quantités pour amortir un réglage qui ne dure plus aussi longtemps. Le stock qui en résulte est attribué à la demande, alors qu'il vient d'un paramètre.
G3 · II. Planifier, calculer les besoins, lancer
Temps de changement de série (temps de réglage · SMED)
Le temps entre la dernière pièce bonne de la série précédente et la première pièce bonne de la suivante. SMED désigne la méthode qui vise à le réduire en préparant hors production ce qui peut l'être.
Ce que ça cache : ce temps est le vrai déterminant de la flexibilité d'une usine. Tant qu'il est long, toute demande de séries courtes se heurte à un mur économique, et aucun logiciel de planification ne le contournera. La réduction du temps de changement est un chantier d'atelier, pas un chantier système — et il faut le dire aux directions qui espèrent l'inverse.
G3 · II. Planifier, calculer les besoins, lancer
Temps de cycle et temps takt
Le temps de cycle est la durée réelle pour produire une unité à un poste. Le temps takt est le rythme imposé par la demande : le temps disponible rapporté à la quantité à produire. On compare les deux pour dimensionner.
Ce que ça cache : ils sont régulièrement confondus, y compris dans des documents de projet. Le temps de cycle appartient à la machine et à l'organisation ; le takt appartient au marché. Un poste dont le temps de cycle dépasse le takt est un goulot, quelle que soit sa performance intrinsèque.
G3 · III. Fabriquer, contrôler, tracer
Temps d'ouverture, temps requis, temps de marche
Trois durées emboîtées. Le temps d'ouverture est la plage pendant laquelle l'atelier fonctionne ; le temps requis est la part de cette plage où l'on demande à la machine de produire ; le temps de marche est ce qu'elle a effectivement produit.
Ce que ça cache : c'est ici que se jouent la plupart des désaccords sur le TRS. Compte-t-on la pause déjeuner ? L'arrêt planifié pour maintenance ? Le samedi non travaillé ? Selon la réponse, l'indicateur change du tout au tout. Les définitions retenues doivent être écrites une fois, affichées, et ne plus bouger — sinon toute comparaison dans le temps est illusoire.
G3 · III. Fabriquer, contrôler, tracer
Traçabilité ascendante et traçabilité descendante
Deux questions inverses. L'ascendante remonte d'un produit fini vers ses composants et leurs lots : « avec quoi ce lot a-t-il été fait ». La descendante part d'une matière suspecte et cherche tout ce qui en a été fait et où c'est parti : « qu'est-ce qui est concerné, et chez qui ».
Ce que ça cache : la plupart des organisations savent faire l'ascendante, parce qu'elle suit l'ordre de fabrication. La descendante est plus difficile, parce qu'elle exige de traverser les affectations de stock et les expéditions, dans les deux sens, sans rupture. C'est pourtant elle qu'on utilise le jour d'un incident, et c'est sur elle qu'il faut faire l'exercice à blanc — une fois par an, chronomètre en main.
G3 · III. Fabriquer, contrôler, tracer
TRS — taux de rendement synthétique (overall equipment effectiveness, OEE)
L'indicateur qui combine trois pertes d'un équipement : sa disponibilité (a-t-il tourné quand on le voulait), sa performance (a-t-il tourné à la cadence prévue), sa qualité (ce qu'il a produit était-il bon).
Ce que ça cache : c'est l'indicateur le plus utilisé et le plus mal utilisé de l'industrie. Sa valeur absolue ne veut rien dire tant que le temps requis n'est pas défini par écrit ; sa comparaison d'une usine à l'autre n'a presque jamais de sens ; et un TRS unique cache l'essentiel, qui est la répartition entre les trois pertes. Un même TRS peut résulter d'une machine qui tombe en panne ou d'une machine qui produit trop lentement du bon produit — deux problèmes sans rapport, deux budgets sans rapport.
Améliorer le TRS d'un poste qui n'est pas le goulot n'apporte rien, et occupe des gens pendant des mois.
G3 · V. Mesurer, coûter, arbitrer
Taux de réalisation du préventif
La part des interventions préventives réalisées par rapport à celles qui étaient planifiées, sur une période.
Ce que ça cache : c'est un indicateur d'activité, pas de résultat. Il dit qu'on a fait ce qu'on avait prévu ; il ne dit pas si ce qu'on avait prévu servait. Un plan hérité du constructeur, jamais révisé, appliqué scrupuleusement, produit un excellent taux — et parfois beaucoup d'interventions inutiles pendant que les vraies causes de panne restent intactes. À suivre à côté de la part de correctif sur équipements couverts par un préventif.
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
Tarif (grille tarifaire, barème)
Ensemble structuré des prix applicables, généralement décliné par canal, par zone, par catégorie de client, par quantité ou par période.
Ce que ça cache : le vrai sujet n'est pas la grille, c'est la règle de sélection quand plusieurs s'appliquent. Quel prix gagne entre le tarif client, la promotion en cours et le contrat cadre ? Cette hiérarchie doit être écrite avant d'être paramétrée, sinon elle sera découverte a posteriori à travers les réclamations.
G4 · 2. Vente, relation client et animation du terrain
Taux de transformation (taux de conversion)
Part des affaires ou des visites qui aboutissent à une vente.
Ce que ça cache : le même mot désigne deux choses selon le métier. En vente B2B, c'est le rapport entre opportunités gagnées et opportunités traitées. En magasin, c'est le rapport entre tickets émis et visiteurs entrés — ce qui suppose un comptage des entrées, faute de quoi l'indicateur n'existe pas. En e-commerce, c'est le rapport entre commandes et sessions. Trois définitions, trois ordres de grandeur incomparables.
G4 · 2. Vente, relation client et animation du terrain
Tournée commerciale
Séquence planifiée de visites sur une zone, généralement avec une fréquence attendue par catégorie de client.
Ce que ça cache : la fréquence théorique et la fréquence réelle divergent toujours, et toujours dans le même sens : les clients agréables sont vus trop souvent, les clients difficiles pas assez. L'écart entre plan de tournée et visites constatées est l'un des rares indicateurs d'animation commerciale qui se mesure sans discussion.
G4 · 3. Points de vente, magasins et canaux de distribution
Ticket (ticket de caisse, ligne de ticket)
Pièce de vente émise au point de vente. Le ticket porte l'en-tête ; les lignes portent les articles.
Ce que ça cache : les indicateurs magasin se calculent tantôt sur les tickets, tantôt sur les lignes, et les deux mots s'échangent dans les réunions. « Nombre d'articles par ticket » et « nombre de tickets » racontent deux histoires distinctes ; les confondre fait prendre une baisse de fréquentation pour une baisse de panier.
G4 · 3. Points de vente, magasins et canaux de distribution
Transfert inter-magasins
Mouvement de marchandise d'un point de vente vers un autre, sans passer par l'entrepôt.
Ce que ça cache : c'est le flux le plus mal tenu de toute la distribution. Le carton qui part le vendredi soir dans le coffre du responsable, saisi le lundi, parfois jamais : entre les deux, la marchandise n'est plus nulle part. Elle réapparaît en démarque inconnue à l'inventaire, dans le magasin qui l'a envoyée. La règle qui fonctionne est brutale et simple : rien ne sort sans un mouvement saisi avant le départ, et le magasin destinataire accuse réception.
G4 · 4. Services, projets et chantiers
Temps passé
Durée réellement consacrée à une tâche, saisie par la personne qui l'a effectuée.
Ce que ça cache : la saisie hebdomadaire du vendredi soir est une reconstitution, pas une mesure — et elle se cale sur le total attendu plutôt que sur la réalité. Une saisie quotidienne approximative vaut mieux qu'une saisie hebdomadaire précise, parce que la seconde n'existe pas. Le vrai obstacle n'est jamais l'outil : c'est l'usage qui sera fait des chiffres, et tant que les intervenants craignent cet usage, ils saisiront ce qui les protège.
G4 · 4. Services, projets et chantiers
Temps facturable (taux de facturabilité)
Part du temps travaillé qui peut être refacturée à un client, par opposition au temps interne, commercial, de formation ou d'intercontrat.
Ce que ça cache : facturable ne veut pas dire facturé. Entre les deux se logent le temps passé et non déclaré, le temps déclaré et refusé par le client, le temps consenti commercialement. Suivre les deux notions séparément est ce qui permet de savoir si l'on a un problème de charge ou un problème de négociation.
U
G1 · 2. L'article, l'unité de charge et l'identification
Unité de charge
L'ensemble constitué par un support et la marchandise qui y est fixée, manipulé comme un tout par un engin.
Ce que ça cache : on entend souvent « unité de charge » pour dire « palette ». C'est plus large : une caisse-palette, un fardeau cerclé, un roll sont des unités de charge. Le terme compte parce qu'il définit ce que le bâtiment et les engins doivent pouvoir manipuler, indépendamment du produit.
G1 · 2. L'article, l'unité de charge et l'identification
Unité logistique
Une unité de charge identifiée individuellement, dont on suit le parcours. La distinction avec l'unité de charge est exactement là : l'identification.
Ce que ça cache : c'est le niveau auquel les échanges de données fonctionnent entre partenaires. Tant qu'une palette n'est pas identifiée en propre, on ne peut annoncer que des quantités globales, et la réception se fait au comptage. Le colis, lui, est l'unité de charge la plus petite qu'on expédie ; il devient unité logistique dès qu'il porte son propre identifiant.
G1 · 2. L'article, l'unité de charge et l'identification
UVC — unité de vente consommateur
L'unité telle qu'elle est achetée par le client final : la bouteille, le paquet, la pièce.
Ce que ça cache : l'UVC est le pivot de toutes les conversions. En amont on reçoit des palettes, au milieu on stocke des cartons, en aval on vend à l'unité. Chaque passage d'un niveau à l'autre est une multiplication, et chaque multiplication est un endroit où le stock peut devenir faux. Les écarts d'inventaire les plus tenaces viennent de là, pas du vol.
G2 · 3. Prix, facturation, litiges
Unité payante (UP)
Unité retenue pour la tarification d'un envoi, généralement la plus élevée entre une mesure de poids et une mesure de volume selon la règle du barème.
Ce que ça cache : c'est le même principe que le poids taxable, exprimé autrement selon les métiers. Quand un maritime parle d'unité payante et un routier de poids taxable, ils décrivent la même mécanique avec deux vocabulaires — et se croient parfois en désaccord.
G3 · I. Le référentiel de fabrication : ce qu'on fabrique, et avec quoi
Unité d'œuvre
La grandeur qui sert à mesurer l'activité d'un poste et à y rattacher un coût : heure machine, heure opérateur, cycle, tonne, mètre linéaire.
Ce que ça cache : choisir l'unité d'œuvre, c'est décider qui paiera quoi. Facturer un poste à l'heure machine quand le facteur limitant est l'opérateur fausse tous les coûts de revient d'une gamme, systématiquement, et dans le même sens. Personne ne s'en aperçoit tant que la marge globale tient.
G4 · 1. Le cycle commercial : du référentiel à l'encaissement
Unité de vente, unité de facturation, unité de stock
Un même article peut se stocker à la pièce, se vendre au carton et se facturer au kilo. Les coefficients de conversion entre ces unités font partie du référentiel.
Ce que ça cache : les erreurs de conversion sont silencieuses et coûteuses. Un article vendu au poids réel mais stocké en quantité théorique produira systématiquement des écarts d'inventaire que l'on attribuera, à tort, à la démarque. Le détail qui trahit le problème : un stock qui dérive toujours dans le même sens sur les mêmes familles.
V
G1 · 2. L'article, l'unité de charge et l'identification
Variante
Une déclinaison d'un même article : couleur, taille, capacité, parfum.
Ce que ça cache : les variantes sont ce qui fait exploser un référentiel sans que le catalogue commercial n'ait l'air de grossir. Le directeur commercial parle de vingt modèles ; l'entrepôt gère plusieurs centaines de SKU. Les deux ont raison, et la réunion tourne en rond tant que le mot n'est pas posé.
G1 · 3. Les flux : de la réception à l'expédition
Vague
Un lot de commandes libéré ensemble à la préparation, selon un critère : départ transporteur, client, zone, priorité.
Ce que ça cache : la vague est un outil d'organisation du travail, pas une contrainte technique. Elle sert à grouper ce qui doit partir ensemble et à déclencher les réapprovisionnements au bon moment. Nous conseillions autrefois de structurer l'ensemble de la préparation en vagues dès le premier jour d'un projet. Nous ne le faisons plus systématiquement : les commandes urgentes existent, elles arriveront, et un dispositif entièrement vagué les traite mal. La bonne configuration garde un chemin court pour l'exception, à condition que l'exception reste une exception — ce qui se mesure.
G1 · 5. Mesurer, et les systèmes qui mesurent
Vocal (préparation vocale)
Un dispositif où l'opérateur reçoit ses instructions dans un casque et confirme à voix haute.
Ce que ça cache : son intérêt est de libérer les mains et les yeux, ce qui vaut surtout quand on manipule des charges lourdes ou qu'on travaille au froid. Il exige en contrepartie un apprentissage réel, un environnement sonore supportable, et une attention particulière au multilinguisme des équipes — un point souvent découvert après la signature. Nous le présentions autrefois comme l'étape suivante naturelle après le terminal radio. Nous ne le disons plus : c'est un choix d'ergonomie lié à la nature du travail, pas un niveau de maturité.
G2 · 5. International, douane et conteneur
Valeur en douane
Valeur retenue comme base de taxation d'une marchandise importée.
Ce que ça cache : elle ne se confond pas avec le prix figurant sur la facture. Certains éléments s'y ajoutent ou s'en retranchent selon les règles applicables, et l'incoterm retenu influe sur ce qui est déjà inclus. C'est la raison pour laquelle un changement d'incoterm modifie parfois le montant des droits sans qu'aucun prix n'ait bougé. Les règles de détermination se vérifient auprès de l'administration compétente.
G3 · I. Le référentiel de fabrication : ce qu'on fabrique, et avec quoi
Variante (déclinaison)
Défini dans le volet Entrepôt et stocks — c'est là que le terme est chez lui.
G3 · I. Le référentiel de fabrication : ce qu'on fabrique, et avec quoi
Version de nomenclature (indice, révision)
L'identification datée d'un état de la nomenclature ou de la gamme, pour savoir ce qui était en vigueur au moment d'une fabrication donnée.
Ce que ça cache : sans versionnement, on ne peut pas répondre à la question qui compte le jour d'un litige : « comment était fabriqué ce lot-là, à cette date-là ». On répondra avec la nomenclature d'aujourd'hui, qui a changé deux fois depuis. Le versionnement paraît bureaucratique jusqu'au premier incident qualité.
G3 · V. Mesurer, coûter, arbitrer
Valeur résiduelle et renouvellement
L'arbitrage entre réparer, rénover et remplacer un actif, à partir de son coût cumulé, de sa disponibilité, de son obsolescence et de ce qu'il reste à en attendre.
Ce que ça cache : cette décision se prend, dans la plupart des organisations, à l'intuition d'une personne — souvent juste, toujours invérifiable, et perdue le jour où cette personne s'en va. La rendre vérifiable ne demande pas un outil de simulation : elle demande trois années d'historique imputé par équipement. Ce qui signifie que la décision de 2029 se prépare par une discipline de saisie commencée aujourd'hui.
W
G1 · 5. Mesurer, et les systèmes qui mesurent
WCS — Warehouse Control System, système de contrôle d'entrepôt
La couche qui pilote les équipements automatisés : convoyeurs, transstockeurs, trieurs, tables tournantes.
Ce que ça cache : le WCS n'est pas un WMS plus avancé, c'est un objet différent. Le WMS décide quoi faire ; le WCS commande les machines qui le font, en temps très court. Confondre les deux dans un cahier des charges produit soit un WMS à qui l'on demande de piloter des moteurs, soit un automatisme à qui l'on demande de gérer des lots. Les deux échouent.
G1 · 5. Mesurer, et les systèmes qui mesurent
WMS — Warehouse Management System, système de gestion d'entrepôt
Le système qui gère les opérations physiques d'un entrepôt : réception, adressage, stockage, préparation, expédition, inventaire, et le suivi du travail.
Ce que ça cache : un WMS n'améliore pas une organisation, il l'exécute. Il rend visible ce qui était flou et rigide ce qui était arrangeable. Sur une organisation confuse, cette rigidité se retourne : chaque contournement quotidien qui faisait tenir l'entrepôt devient un blocage. C'est pourquoi les projets les plus difficiles ne sont pas ceux où l'entrepôt est complexe, mais ceux où les règles n'ont jamais été écrites.
Et il faut le dire clairement, même quand on vend des logiciels : plusieurs des problèmes décrits dans ce glossaire — un adressage qui ment, un conditionnement faux, un cut-off que personne ne respecte, une réserve de réception jamais écrite — se traitent d'abord par une décision et une règle. Le logiciel les rend tenables. Il ne les prend pas à votre place.
Volets suivants du glossaire : transport et exploitation · commerce, distribution et points de vente · gestion, achats et données.
Z
G1 · 1. Le bâtiment, les zones et les engins
Zone de picking
La zone dédiée au prélèvement au détail, alimentée depuis la réserve. Le terme français exact serait « zone de prélèvement » ; personne ne le dit.
Ce que ça cache : une zone de picking n'a de sens que si elle est réapprovisionnée. Sinon c'est une zone de rupture. Le dimensionnement se fait sur la consommation d'une période et non sur le nombre de références : une zone qui tient une demi-journée de consommation impose un réapprovisionnement continu, donc du personnel qui ne prépare pas.